Skip to main content

Full text of "journal francoise 4 nov 1905"

See other formats


y; 

■■■.. 



.jt'im- année — X' 1 15. 



LE NUMERO, w CENTS. 



Samedi, 4 novembre 1905 



ù tournai de Trançoisc 



■^ P* 'w m m m ^ <r n 



■ ^ ^ ^ ■ y ^p ^■■ ■ ^ ■» <r " ^ <f * fï^fHfi f ^^wy^ *■» » ¥'? * y *"f W V t ' "»" t 



£ (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) 

Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque mois 

Directrice : R. BARRY Dire vrai et faire bien. 



ABONNEMENT 
B» a» $2.00 

Sut MOIS - - 1-00 

llMll m l pcy*Kle< d^rauce. 



REDACTION et ADMINISTRATION 

80, Rue Saint-Qabrtei, Montréal. 

Tel. Bcu.Msi» 999 



A. L'ETRANGER : 
On an - - Quinze francs 
Six mois - - - 7 fis 
StrictOTBnt payable d'avance. 



w 




4- 
4- 
♦ 



4- 

: 

4- 
f 

4 



4- 
4- 
4- 



H~f4-f-f+- 




4- 



4- 
4- 



4- 
4- 




X 



M. ALEXIS CONTANT 

Compositeur d« premier Oratorio 
canadien français. 



4444-444-4+444*444 4.44+444 '444444444- 



... SOMMAIRE... 



Le Cimetière (poésie)' ,, Aooumr, l'oi ' 

PkairoM ensemble fpoéskj.f Sbbob Ram u. 

La fête de* aiortu . ... , , Fkasi.oi»*: 

JJo beau livre ,...,,,•, ,,., ('«1 kitb 

De i'Ëneei^uemeat Sepifrieur pour Se» Femme* 

Frontenac Intime .,.,...... Eux e« M 1 1 



Xgjioléoi) et le (.'amula J. MandbmïSI 

Ik-lle innovation Femina 

Kn vingt aiw Rentier ! Us .Soiiktaibe 

Propw <r^ti<jm;tUj Lai>y FjrfQVEHX 

J'ages fk« Enfant* Tante Ninstïb 

Le Mal <Jn Pay» M. Aiûuei'bkhk 

Recette» fadie#, Uoweeil» utile», etc., etc. 



MADAME 



quêta do famille, ave* de la viande de 
premier cbtàx. Vous !« trou venez ehe* 

Hormisdas A. Giguère 

34, 36, 38, 40 Marché Bonsecours 
Sàleplwne Bell, Main 247f*, Moîîtkkai 



Librairie Beauchemin 

A wsponsaWlili* limitée 

256rue ST-PAUL, MONTREAL 
Pour vos Délits dîners fins, M vos ban- lettres nu p. dipon à Mademoiselle 

V... 87» frriitio», 1. vol. in-12... 0.88 

LETTRE PU P. P1PON 4 un ami. 1 vol. 

In-lâ , 0.88 

L'EDUCATION PKKSKXTM Discours ft la 

teoMsao par le P. Dvrion. 1 vol. ln-13. 0.88 

INXiISS01.lrtin.lTi: KT DIVORCE. Confé- 
rences de Saint-Philippe riu Roule, par 
le P. Pïdon. 1 vol. in-13 0.88 

LA FOI EN LA DIVINITE DE JESUS. 
Conférences prêch&es à ! 'êgfiea de ta Ma- 
deleine, Carême de 1S92, par le P. Di- 
ana. 1 vol. ln-12 0.88 

EN TERRE SAINTE, par Mademoiselle 
Th. V. (Thérèse Vianïone \ . 1 vol. in- 
12. illustre 0.88 

HENRI DIPON, par Jaël de Romano. 1 

vol. lu 1-2 „,_ ..,....■■ .... m .^ 0.88 

Librairie Beauchemin 

(A responsabilité limitée) 

256 rue St-Pa<Jl. - - - - Moniréal 



Edmond Giroux, Jr. 

Pharmacien- Chimiste 
EDIFICE DU MONUMENT NATIONAL 

216 RUE SAINT-LAURENT 

Téléphone Main 2628 
Spécialité : Ordonnances de médecin*. 



Un Bon 



Conseil 



Fleurs Fraîches ! 

Beçues tons les jours che* 

ED, LA FOND • 

Le fleuriste des théâtres 
1607 rue Sainte -Catherine 

TeoJ obti*£e exérasS* A ttss î«x modère». Tés Bdl Es !•<• 



Montres et Bijoux 

Btgtve asportâmient de n*uveari- 
t&eEt maintenant complet Une 
visite â notre Expocdtk>n vo«g 
sera avantageuse -:- -:- -:- 

N. BEAUDRY & FILS 

Bijoutiers Opticien- 

212 rue St-Laurent, Montréal 

ù«jffl)tj>>:î*".!rCANDO ;»■".•-' ■ v.tI-.. 
DemaaaOez bhi Tél. Bjcll Mais 219 



THEATRE FRANÇAIS 

Semaine du 6 novembre 



nentt •. raïsip 4e 6*r*lou 



'LA TOSCA 



99 



im grand : SarsJ» Bemlisrdt, Fao- 

ny Davei poil >■• Btaaebe Walsh. 

Grae** t»»*e ta tetot : S«*8vtaax cswiueit» ! 



NOUS taisons notre salut devant les lectrices 
da Journal de Françoise. Nous voulons 
taire leur connaissance, parce que nous 
voulons leur commande. Toutes voudront des 
fleura pour enjoliver leur maisons pour la belle 
saison de Pà-joas, et pour envoyer à leurs amies. 
Ritsn n'est plusaceep able qu'une boite de fleurs 
au matin de Fàques. 

Envoyez-nous vos commandes et nous vous 
garantissons satisfaction. 



F. McKeiiEia 

FLEURISTES 

2614, Rue Ste-Catherine, 

Coin de la Rue Guy. 

T erres et Couches èfeaudes. C*te des Neiges. 



iBEAUMIER 

2 MEDECIN ET OPTICIEN 

Ë A L'INSTITUT 

D'OPTIQUE 

DES Y EUX GR Al 18 

1824 STE-CATHERINE 

Coin « -■ lîui*l-<Ie- Ville, Montréal. 
leur dt' :■' ratréal comme fabricant 
rtear Se LCNE'l'to, LORGNONS. YEUX 
ARTIFICIELS, etc. otis pour bien voir, 

:- IfOia et de pdja, -■ : uerison d'Yeux. 
Le Terminal et Isa Char» 
Urbain* «vêtent à la porte. 
,V!S.— Cette amODce rapportés vaut 15 cent* 
*stre pour tout achat en lunetterie. 
: écrits eur j« chemin pour notre maison 
reeponsabïe. 




Mto&ét* : MAUDI, JEUN « SAMEDI 

fî\ ; Ml 90 et*. 

90, 35 «.-t 50 c>. 




Noe l'eut* nof 
m* betiee, nature - 

te», (rararjtif*. ie*- 
tïtut Ueauijt r'rauw- 
Américaine (ijjeorpo-l 
ré), 162 rue Saini- 
Deni*, Montréal. 



MONTREAL MODE 

Faraissant 1e 1er et le 15 de chaque mois 

En venté dans tous les dépots et maga 
sins de nouveautés. 

Direction et adjuinistration : 

1714 Ste-Calherine, coin St-Danis. 

...MONTREAL... 

Tel. Be'l. Est 2836. 

Patxwae sur mesura) depuis 15e. 



No perdetz ]ias votre temps et vo- 
tre santé en essayant tous les 
VIEUX REMEDES. Recourez de sui- 
te au SEUL PRODUIT ANTISEP- 
TIQUE dont le succès colossal et 
salis précédent s'appuie sur des MIL- 
LIERS ET DES MILLIERS DE 
GUERIS ON S. Prenez les 

CAPSULES 

CRESOBENE 

Vous préviendrez ou vous guérirez 
infailliblement: MAUX DE GORGE, 
RHUMES, ENROUEMENTS, GRIP- 
PE, INFLUENZA, BRONCHITES, 
ASTHME, PNEUMONIE, ETC. 

Essayez et vous conviendrez qu'il 

n'existe rien de comparable. 

En vente dan 3 toutes les pharmacies, au puis 
de 50c, le flacon. Envoyées aussi par la malle, 
sur réception du prix, en s'adressant à M. 
AHTHUR DEOARY, pharmacien, dépositaire 
général 1088 rue Ste Catherine Montréa'. 



OUERY FRERES f«#i 

1854 Ste-Catherine, Montréal 



VIGUEUR. SANTE.BEAUTÉ. 
LONGEVITE, voit* ce eut 

OONNC A TOUS 
LES 

II 



. ».-»*• 



Tr"<t 



,>» ' 



-- s rfj %rW- OEPOSITAlftE 

0C ^ 6 ** PH C J5 LACHANCE. 
PRIX 50 CENTS MONTREAL, 



4tine année — N° 15. 



1M NUMERO, 10 CENTS. 



Samedi, 4 nmemfaœ 19**5 



Ce Journal de Françoise 



M j Èq/^p » '>'^ m ■»' " »' ^ ny f y iy n 



, iiy,^. yi iFr yn i n p.i i 



m w w 9 r '» » y j r» yy y m .' m r yi - r ^-t'y y y « 



(GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLES 

Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque mois 

DtBBCTBKJB : E. B ARRY Dire vrai et faire bien , 



ABONNEMENT 

On an fa-oo 

Suc mois • • 1.00 

Strictement payable d'avance. 



REDACTIOS et ADMINISTRATIOM 

80, Rue SaJnt-Oabriel, Montréal, 

Tel. BiliiMaim 099 



A L'ETStAHGER : 

On an - - Q^âmze francJ 
Six mois - - 7 im 

£tr;cttme:Bî pzy% h> d 'a -ra *;-_ 



L-e cimetière 



i? erf «» /ieî^ iacr/ $>«'<?» nomme cimetière, 

Terme de tous nos jours. 
Là, dans P oubli du temps, perdus dans la matière, 

Les morts dorment toujours. 
Oh! lorsque nous allons dans la sombre demeure 

Où reposent ces morts, 
Recueillons-nous, songeons à notre dernière heure, 

Sans crainte et sans remords ! 
N en faisons pas un lieu de simple rêverie,- 

N en franchissons le seuil 
Qiûavic un souvenir pour celui qui nous crie : 

"Pitié" dans son cercueil ! 
Voix muette pourtant, mais l'étrange silence 

Qui plane sur ces lieux 
Fait que sans nul effort la prière s'élance 

De nos cœurs oublieux ! 
Après avoir laissé planer notre pensée 

Sur tous ces morts eouehés 
Pleurons/ Qui sait combien mie larme versée 

Peut laver de péchés! 
fit songeons que demain ce temple fait d'argile 

Et quicmlient nos jours 
Peut, au souffle de Dieu, comme un vase fragile, 

Se briser pour toujours, 

ADOLPHE POISSON 



Pleurons ensemble 



Arthabaskaville. 



Pleurons ensemble, vsu'es-vjms. 
Car pour nom deux la i-ie est truie. 
Pleurons ensemble, vmtkz-vmts-: 
Njs pleurs miles seront plus doux.. . 

...Quand tuits semas, tmjm&F, très memx. 
Nom ne verrons, sur notre rauie. 
Quand nous senns, un jour, très vieux 
Qu'un, c kl obscur et pluvieux ! 

Et pont charmer le triste emmï 
De cet Ânvr qu'un œstrteismie. 
Et pour càarmer le triste #mni 
D'un soir de vie ammi ta muii, 

JVous tt'amms. rim dam le passé,, 
Pas un raww de htjmmssœ, 
Nous m' auron.* m® dsns kpmssê 
Pmr nms s&ttrire et ®$m$ berner. 

Pleurons ensemMe, mn&s-ivMs, 
Smjimmv et peine qui renmissmjf, 
Ifettnms ensemble, -mmlet-vms. 
Nos pleins mêlés sermt pim. «ter, 

SERGE RAfTAl O I WM 



US .JOURNAL DK FRANÇOISE 



# « . «i» »,» „ ., — . « ,» ,« . « » ... » »•■$> multiples ruines, le cuite dos 

itÙ Utt Ût$ BIOllS * l7 bravo le temps et liuco 

J dos hommes, 11 est la pierre 



—, .» „» l.«..»l.«..»«»..»-»,-»~»-»-» H» .'». ■ ».. # .»! ». .«I.»..»..». ....* 



1111 



» ». . .».........■.■ »• j> multiples raines, te culte dos Morts de leur perverse influence, et si nous 

les aimons, hélas! c'est d'un senti- 
ïonst&noo nient mauvais, et en prolestant de 
pierre de ton- toute la force du "bon" qu'il y a 
eho de l'amour, te soûl qui bémol'' ao en nous. D'autres, amis d'un jour, — 
Que iète MlMHMite des morts a 8B faveur do la pérennité de nos ton- nous plaisent parce qu'ils brillent, 
toujours existé, et nous pouvons la dresses.., ou qu'ils flattent ou qu'ils dis- 

retr.uer chez les Gaulois, les Ger- ( traient, mais l'instant d'après, leur 

mains, les Italiens, longtemps avant CVst la «anaÙMB des Morts, charme est oublié. , » 

l'avènement du Christianisme, com- <* «««»**«« douloureuse, où Içs vi- H en est de meilleurs que tous 
ne elle existe eneow fc nos jours, rfen * 8 VOB * lotrouver ceux qu'ils ceux-là, et qui ressemblent à des an- 
che/ les Chinois, les Japonais et au- P*®"*®* "• E***f J^din dos Trépas- ges gardiens dont la vigilance bonne 
très infidèles, . st ' s nous serait un sûr appui à travers 

,. . , , " G*»* l» fê*e des Morts. toute i a v i e . Us sont doux d'une 

Pan* qu avant d entrer dans te u diH . h(i ^^ . ^^ , e ( .- , fe ^ 

sterne «ehgieus des nations, te p , 1( , , e ^ ^ ^ ^^ ^ ^ ^J, ^ ^ 

«.«venir dos morts est no avec fe^ daflfl ^ t ^ , araband(> funè . reposante et dont le re- 

homme même et qne te coeur de ce- brp amour ^ tumhj , s ^ „. , a 1& _ s , immobil ^ MtQar|de notre 

ta^* répondant a un de ses secrets ^ endeuilJéej plane „ voiK . j, cœur 
bes.ms. epn.no te dés* fort .et mst „ sstl rt d( , mdancnlie . . d,^ d'v pénétrer. 

puissant de se rapprocher, un mur e;i,„,.; „..„„„, i„ f ,,i i „ 

> . J bileneieusemont, la fonde se porte C'est un de ces amis précieux, , ; 

an moins, dans 1 année, des êtres „,, ,.;„,., t ;>.,.„ „, „„ ,„.„„j , m. -, , „- , y 

, . . au «ameOM» en un grand pètennag-î. de ces livres doux, tendres et beaux, 

chers que la mort a consacres. i„ fi ri+ „,.,„*«, «..»«+.<. „„. ,„,„ „. • . 

L# Ilot monte, monte sans cesse, ci, q , le je viens de rencontrer, aux pa- 

Dans l'Eglise primitive, il n'y là-haut, eoux qui attendent, au f>'id sr es duquel je me suis attardée et 
eut pas de jour spécialement dé- de leurs fosses, en sont un pou cou- que j e rouvrirai souvent aux jours 
die aux morts. Ce n'est que vers le soles. de la vie moins clémente comme 

septième siècle que l'on fixa au trei- Pourtant, vous n'êtes pas oubliés, aux i, eiires de trêve bienfaisante et 
a*" mai, la commémoration des mar- Ô nos Morts bien-aimés. Non. vous <-] e calme repos 

tyrs et de tous ceux qui mouraient ne serez jamais oubliés, vous, que Tous ceux qui lisent chez 

dans le Seigneur. C'est au dixième nos bras, rudement dénoués, vou- BaaS) connaissent maintenant Ju- 
■ïècle, que lut deimitivement fixée draient étreindre encore... ] ie l, aV ergne, cette Française déli- 

par Odiion. abbé de Cluny, l'époque Vous, qu'on a tant pleures, que les rieuse, sœur un peu de la Canadien- 
où noua célébrons aujourd'hui cette yeux n'ont plus de larmes, voua, qui m aux veux doux goB fils aussi 
fête douloureuse de nos trépassés. gardez dans vos bières étr< itee quel- pj eux q u > aui i des lettres l'a fait te- 

bu légende raconte "qu'un sains, J" ûtoat de Botoe eœur ' '! !: " |f '.uf vivre pour nous dans un volume où, 
ermite entendit un jour les démons *™ ' 1<J notre **> 1 m î*»»». ja- en racontant sa vie, il parle de son 
-•■ plaindre que les aumônes des mais > U(J ressusciteront... œuvre et dans des correspondances 

personnes pieuses et les prières des — FRANÇOISE, qui la peignent mieux encore. Cesi 

moines, surtout ceux de Cluny. les ♦ " , ouvrages, publiés il y a quelques 

empêchaient de tourmenter les ^ ~~»*»»~»»~»*»~*»~»»~* * années, ont reçu ici un accueil très 
mûris U bon ermite écrivit aussi- i ti n 1*111»»* i biL ' nvdlJilLnt e * justifié du reste par 

tôt à l'abbé de Cluny, qui décréta # Vit Dv«U LlVlV J leur excellence et 1 par la manière 

que h, deux novembre serait, dans |tMm,,u MtWMMW l charmante avec laquelle ils nous ont 

-. les couvents de l'ordre, consa- &té présentés. 

cre à la récitation des prières pour " U * S Chr «" 1 4»es Normandes" de y oila quc maintenanl) M . Jos h 

•• «ort*." 3nbe tevers»* Uvergne vient encore de réunir sous 

Us autres ordres religieux d'à- P& ? ïi '"" ^'^ am,S qUC U ° m k litre ^ ninû dc "Chroniques nor- 

lors. k-s Bénédictins, les Chartreux f ** " UVrC *' ]1 C " "' ^mmectez mandes", trois des plus jolies uou- 

ne tardèrent pas 'a «livre Pcx- , 10U! " K '"' ' k ' P lflS OU JU " U1S ' et Vt ' lles ^Ofm sous la plume exquise 

emple de Cl«„v. et au onzième siè- *•**»«"* h "^- de Julie Wngne. 

de, Rome Inscrivit dans le CaleO- ^ U ^ qU ' B ° aS ' harraeflt î ,our - Ce sont ces chroniques que je viens 

drîor rituel, te deus novembre fête t ' iU }\ n<ms trouhk-m ^aguemeut, et de lire et qui ont laissé on moi ce 

des Mon, f l WfWW» qtu nous reste, leurs parfum bienfaisant et durable des 

Vi , ; . , •- , femlJet* clos, nous nous sentons livres qui sont nos vrais amis 

Et les aède* -coulent. les a.,, quelque peu mécontents. D'autres D'où ce narfum é.n-nu 1 il > ' r „, 

it au X ans, changeant et ab- ont te secret de nous subp,guer,mais u, Ml d£ s !" „ s v .- L - 

" t0< " J - iiia '^ "" d " I '^' u " i i« BOS c^-urs se ressentent gé. simple et d'un naturel quasi 



1% JOURNAL. DE FRANÇOISE 227 

"merveilleux" ? Peut-être ? De l'é- %*\"\'%<?<f<?<,<<^y^\~\~tt 

3STJSS'SSSJ^*£ ! De l'Enseignement Supérieur ! 

gende? .Peut-être, encore? Cette | 1 p^r^^^Ç % 

émotion est si bien dirigée pour être •> UUUI ICO I \-j\ I II I IOj • J 

saine constamment, pour ne jamais ,J. ^^^4H^^^^^^^i<^^^^^^^ ^^^ ^« ^^^^ l > l >^^^^ ^ ^^^^ ^» $ «0^^^^4^ 

"faire souffrir". ■ , 

Peut-être aussi le parfum qui se ^ e problème de l'enseignement su- et de parfaitement neuf, puisque 
dégage des .oeuvres de Julie Laver- périeur pour les femmes se pose de- constamment on serait devancé et 
gne, en général, et de ces "Chroni- v ant nous comme une interrogation; distancé par la collectivité humaine; 
ques normandes" en particulier tous * es pays l' étudient à l'envie; tous, nos efforts consisteraient à 
n'est-il autre que celui qu'exhalait notre race française au Canada n'y nous rapprocher du niveau commun, 
l'âme bonne de l'auteur, âme qu'on a P as encore prêté attention, voilà tout ; mais non pas à le dis- 
sent palpiter dans chaque ligne de Mesdames, ne sommes - nous pas vancer, à le diriger, à l'entraîner. 
ses récits. eH C( -' c ' iCS premières intéressées; C'est - à - dire, qu'individuellement 

La phrase de Madame T/iver'nie nest ~ ce pas à nous <!«'*»«**»■- nous pourrions être un prodige peut- 
est tellement limpide, 'tellement V 1,e Sïîécialement le devoir de être, mais au point de vue social 
vante est sa narration, qu'il nous mnS F occu P«- d ' en P énétrcr la " OUS »>!«***» « en »" P*trmioi- 
vient en la lisant, l'impression d'u- P° rtec ' d ' en mesurt * les effets et ne cr>mmun : et ' ce cas ' "*»****»- 
ne source fraîche que l'on verrait d en £avoh ?er l'exécution si nous y sèment, est trop souvent celui des 
couler, que l'on ouïrait chanter et **??*«»» " ne source féconde de dé- lemmes, lesquelles tout en étant tort 
, . , , ...-.■. veloppement individuel et social ? bien douées, sont vouées en grand 

dont le spectacle ne serait ïamais T , r =•»»«■« t. 

, , . . r . ,,,.,. . Il est bon de nous entendre tout nombre a la médiocrité a cause de 

monotone, diversifie a l'infini par , . *,- «- » , . 

. , . , , . de suite sur ce qui fait le caractère ' msumsance de leur instruction ; ce 

un îeu savant de ravons et de brises , , . M . - . . - 

agitant des f-iillé-s enseignement supérieur. L'en- quia fait porter sur nous le juge- 

". t] _ seignement supérieur consiste-t-il à nient sévère que. voici: quand même 

"La flèche de Caudebec", "le\oy- parcourir le cvcle comp i et des con- on retrancherait du monde tout ce 
âge de M. de Scudery" et "Aunery naissances humaineSi ct une pe rson- que le cerveau de la femme a pro- 

de Quercevillc" sont trois légendes. • , , ri,,,-*. ia„ mi .; t ; , • ,. „„•.«.;* _„_ „__ 

,,.,-'„ . . ne qui apprend un peu de tout en «mit, 1 Humanité n en serait pas ap- 

— la dernière est plutôt un petit ro- „, ,, , »■««> -, « - - ■».«;. 

. , 1 K est-elle pour cela gratifiée? Ainsi, patnrie. 

mail, — bien différentes de fond, mais ,,. , . . , . 

' un collège, un couvent, dont le pro- L enseignement élémentaire, neces- 

racontees avec ce charme nrolond r , ,-,, , • -- r 

. , -. , J gramme est rempli a une nomencla- saire comme première lormation. est 

qui fait que, la lecture finie, on y . , ., , , , • «- , - 

.',.*. ' turc complète des sciences modernes donc msuuisant en iui-nieaM pour 

pense longtemps, des bribes du récit , . . -, , ,, . . • . -, , . , 

, , , donne-t-il pour cela 1 enseignement atteindre au succès; il n est que la 

chantant dans notre pensée, lors ,.-.-... , ., , , 

1 ' supérieur? Mais, non, vous le savez première étape dans une voie dont 

,., C ' lVal ou a u e bien, mesdames ; il arrive que des l'enseignement supérieur est le ter- 

journaliere semble l'absorber toute. ,, , ■ .. ,m , 

J T ^ maisons d enseignement secondaire- me. Chaque art. chaque science. 
b,n elfct, n est-il pas des lectures t .'■ . - , 

1 ont exactement le programme uni- comporte a sa base un enseignement 

parfois agréables dont l'impression versitaire . qllel est (k , nc ce qt|i j es élémentaire : pais, c'est en les pesé 
est fugitive parce qu'elles ne disent (lifférencio ? Dans k , s prclui ères trant davantage qu'on s élève in- 

rien a rame, et d'autres dont le , ^ E -, ,- ... -ti 1 

n est-ce pas, on ne fait que s initier sensiblement jusqu a ce degré maxi- 
charme ne s efface pas parce 0.11e le - 1 • , „ 1 - -1 
' ' « a. des connaissances que les savants mum. a ce point ascentionnel ou îî 
cœur aussi bien crue l'esprit en est t , • t j- ■ »<■ 
, , * l ont bien autrement approfondies; on est permis d inscrire en marge, com- 

1 ' les effleure, on y jette un coup d'oeil me dans an lomètre gradué ; 

Ainsi il en est des "Chroni([iies superficiel, et tandis que l'humanité enseignement sapérâttr, 

normandes" de Julie I,ayergiie, et a pénétré plus avant dans le sujet Cet enseignement, les universités 

c'est pourquoi ceux qui aiment la ,-j Ue p on étudie, on en est encore au et les conservatoires le donnent, les 

lecture saine, belle et bonne, les li- commencement, à la surfaee, au dé- premiers dans les sciences, les se- 
ront avec tant de goût. mit . o( cu supposant, dans ces con- eornls dans les arts. Sans doute, 

. , dirions, que l'on manifesterait pour après le stage universitaire beau- 

C 1 1*11 1 ? ' - ' ■ 

' ' '' ces .sciences des dispositions specia- C oup de choses restent à apprci ire, 

les et un véritable talent, on ne sau- niais le chercheur est alors en état 

rait rien produire de 1res fructueux de scruter l'inconnu ; ce n'est plus 

L'abondance des matières nous seulement dans les livres qn*il est 

forée, cette semaine, à remettre le ... „, ... .... . censé étudier, mais dans la n.uure ; 

'■ (ri C'est la iireniu-re Coih. ei-ovons-nons, ijin- 

"Cqih de Fanehôtte" a la proohfti | 99 ^rtcler ,, BiaetgwmentSupéitew'po»w'k9 c ^' a «»* P îns sealement sa i 

m- livraison. femme»" i« tr-.iité ja: l'snm.l».— Note de !» RcU. qu'il orne des richesses acquises pas 



->,. 



„ a tU JOURNAL DR FRANÇOISE 

ct-wx qui l'ont devancé, mais c'est ce qui est ; elle établit la relation base des études morales, ne pour- 
son intelligence qui travaille, qui va des choses ; en dégage les propriétés; rait-on pas le formuler ainsi: une 
à la recherche d'un rayon de vérité ; elle donne la vision du monde ; elle seule humanité sous une seule loi in- 
il explore l'inconnu, et s'il est heu- engendre l'action. C'est le rayon lu- dépettdamment d'ailleurs des varié- 
reux dans ses trouvailles, il rappor- minenx qui fait le jour, prélude an tés de sexe et d'individus qu'elle 
W-ra lui aussi à ses frères assis dans réveîl, dévoile au laboureur le produit. 

la ténèbres un peu de lumière, et il champ qu'il doit ensemencer et faire Cette vérité n'est pas neuve, me di- 
èJèvera à son tour d'un degré l'en- fructifier. Savoir ou voir!... mais, rez-vous peut-être ; c'est vrai, il y a 
seignement supérieur pour les gêné- ce sont là mêmes choses ; et, des vingt siècles un enfant de Galilée la. 
rations qui le suivront. C'est ainsi mêmes causes, nous devons attendre proclamait et affirmait par là, la 
qu'une madame Currie, grâce à une les mêmes effets. Quand notre main parité de nature entre tous les hoin- 
préparation suffisante en chimie, a saisit-elle avec dextérité les objets mes, il en faisait la condition de la 
fait dans un premier effort indivi- dont elle a besoin ; quand nos pieds restauration sociale ; depuis, tous 
duel une découverte sérieuse qui ho- nous portent-ils sûrement vers les l'ont répétée, cette vérité, mais 
nore la France et notre sexe lotit biens convoités? N'est-ce pas quand discernons : tous l'ont répétéo 
entier ; placée dans des conditions la vue nous les révèle, et, en l'absen- avec leurs lèvres, mais tous ne l'ont 
moins favorables, l'activité cérébra- ce de ce sens, que pourrait-on atten- pas encore fait pénétrer dans leur 
le de cette femme ne s'en serait, pas dre de nos efforts? quelle œuvre esprit, ils n'en ont pas saturé leur 
moins exercée, mais son travail eût peut-on demander à l'aveugle, que être ; helas! les mieux doués mêmes 
été moins fructueux ; elle a été plus peut-il faire pour lui-même, pour et les plus inspirés, oseraient-ils 
loin que les autres, parce qu'elle a les siens, pour ceux qui souffrent, soutenir qu'ils en démêlent toutes 
pris son essor du point où ils s'é- pour ceux dont il entend les plain- les applications. Au siècle dernier, on 
(aient arrêtés. tes et les gémissements? Mais ou- distingue clairement chez des hom- 
On le voit, renseignement supé- vrez donc ses yeux, à ce pauvre mal- nies religieux du reste, cette dualité 
rieur est une qtustion d'économie heureux, et il entrera dans la vie ac- de vues et ce conflit qu'ils entretien- 
sociale et est intimement liée à la tive et féconde!... > nent entre la révélation et la prati- 

prospérité nationale d'un peuple. T . , - , , , . >t . , . que de la vie. Lisons de Maistre en 

r r Y r Je sais que la science n est pas la ■ 

On me dira peut-être que c'est , . ... .. «- - compagnie de Monseigneur Dupan- 

r J morale ; et qu'être maître du mon- v fe ni 

considérer les choses de bien haut , .... , . , . ■* loup. ''Ouelques-unes des lettres de 

de, commander a la matière, ce v ** * 

qu'en parier ainsi ; mais, cette , . monsieur de Maistre à ses filles, dit 

■* r~ n ggt p as nécessairement en user se- ... . . , 

question de renseignement supé- ■ „ . . , TV • , ,- „ celui-ci, sont un vrai traite sur 

s ■ Ion les desseins de Dieu, mais la lati- ' , . 

rieur, ne se pose-t-elle avec ce ca- . ,, . ■ . , . , „ . , ■ l'humble destinée des femmes îci- 

1 te d omission des vierges folles qui 

ractere absolu. Pour la iuger, sor- , ,,,' -, , , ,, bas et sur les lois somptuaires qui 

. ' *• n entretinrent pas <1 huile dans la , » l 

tons de l'individualité, consentons . , . , ,, ;,.,.,+ doivent présider à leur éducation ■ et 

. , , lampe lut cause qu elles ac \ tient , r . 

a étendre notre vue au-delà du cer- .,, , -, a leur savoir: "Le grand défaut d' u- 

.... . pas 1 époux quand n passa. & . 

eie borne ou nous vivons chacune ; ne îeinine dit de Maistre, c'est d e- 

et, en face d'un problème d'ordre gt- Volls le r<1 JWi mesdames, je tire u tre un llommei et c . egt vou i i r 

livrai, plaçons non pas notre moi, P our nuus un àexàii rigoureux de la (t | tt8 m jj omme que vol ,i i r être sa- 

néeessairtmenl impropre à se con- question qui nous occupe. Nous som- - vant Permis à une femme de ne 

frtmter avec une telle idée, mais, mcs eu fa «-' cru " problème d'ordre llpas ijr norer que példn n'est pas 

mettons en regard de cette question supérieur dont la solution dans un „ m # UTope! el qu ' Alexandre le 

la femme, et considérons ensuite les scns ou dans l*a»t« retardera ou -Grand ne demanda pas eu mariage 

rapports qui doivent exister entre accélérera notre développement, etj o une njèce Je I<ouis X IV." 

notre sexe et la science : quelles doi- nous fera réaliser plus ou moins Monsieur de Maistre leur permet 

vent être non aspirations, que de- pleinement notre destinée. encore en fait de science, d'écouter 

vons-nous réclamer? Si de la défini- A ceux chez qui la nouveauté du et de comprendre ce que font leshom- 

tion de l'enseignement supérieur, sujet, les préjugés, une longue routi- mes,- ceci est même leur ehef-d'œu- 

Uous passons a son objet, nous ai- ne laisse encore subsi 1er quelques vre: "Mais les femmes, dit il, ne 

ferons peut-être à la solution de ce doutes sur L'opportunité de l'ensei- "doivent pas s'adonner à des cou- 

proftlriiu gnement supérieur pour les femmes, "naissances qui contrarient leurs 

yue cherche ton dans la science je voudrais être capable d'offrir un "devoirs ; le mérite d'une femme est 

et pourquoi la désire-t-on ? On y axiome sur lequel ils pussent véri- "de rendre son mari heureux d'éle- 

chvrche, n'est-ce pas, l'intelligence fier l'exactitude de leurs objections; ' ' ver ses enfants et de faire de :; hom- 

des lois naturelles qui conduisent à car toute idée saine doit être sus- "mes ; dès qu'elle veut émuler 

la vente et qui éclairent la vie... La ceptible d'une démonstration qui la "l'homme elle n'est plus qu'un sin- 

setence étale à nos veux ravis la cré rattache à une vérité immuable. Cet "ge ; les femmes n'ont fait aucun 

alion ; elle nous lait pénétrer dans axiome, le premier qui se pose à la "chef-d'œuvre dans aucun genre..., 



LE JOURNAL DK FRANÇOISE 229 

"Du reste, la science est ce qu'il y a autres quand il n'y arrivent pas : "tage (k tontes ; alors filles et ft-in- 

"de plus dangereux pour les femmes, comme si l'unité de pensée dans la "nies, dépouillant même sans te sa- 

"nulle femme ne doit s'occuper de création n'était pas la plus belle at- "voir ces dehors de pédaatîsme qui 

"■science sous peine tU'êtrc ridicule et testation qui soit de l'unité de Die», "ne sont que âea airs d'aff ranci 

"malheureuse ; une coquette est plu» de même que la variété illimitée des 'devenus maître-; et marchant libre- 

"facile à marier qu'une savante, types qu'elle produit, nous en révêle "ment dans cette vok- aouvdk coto- 

"Mais qu'elles se gardent bien sur- l'infinité et la fécondité. "me dans leur naturel domaine, prê- 

"tout de vouloir élever leur esprit Hélas! dans l'ordre moral, que de "teront l'appui de la science à lenr 

"et d'être entreprenctises de grandes gens croient encore à une double "délicatesse et peut-être 1 appui de 

"choses." conception des choses. Selon ceux- "leur délicatesse à la science.. Il est 

C'est pourtant ce même de Maistre là, l'homme arrive à la perception "un objet d'étude qui se prêterai} 

qui écrivait sur les habitants de la du vrai par l'observation des faits, "merveilleusement au génie lémi- 

Sardaigne : "Aucune race n'est plus l'étude, les données scientifiques, le "nin: c'est l'astronomie. Science d* 

"étrangère à tous les sentiments qui renforcement de ses facultés menta- "l'infini, elle appartient de droit à 

"honorent l'humanité. Ils sont là- les dont on lui apprend l'art en phi- "ces prêtresses de l'inconnu comme 

"ches sans obéissance et rebelles losophie. Ces mêmes phénomènes "les appelaient les Germains. Je 

"sans courage. Ils ont des études psychiques produisent des résultats "n'oublierai jamais un spectacle 

"sans science, une jurisprudence tout différents, prttendent-ils strieu- "dont j'ai été Se témoin. J'assistais 

"sans justice, un culte sans religion, sèment, quand ils atteignent les 'à une leçon d'astronomie donnée à 

"De nos arts, la beauté les offense; femmes; : de bienfaisants qu'ils "une jeune fille et à son frère ; pour 

"le Sarde est plus sauvage que le étaient, ils deviennent néfastes et de "la première fois s ouvraient à leurs 

"sauvage, car le sauvage ne connaît principes de vie, ils se transforment "regards le grand livre céleste ; ils 

"pas la lumière et le Sarcle le hait, en éléments morbides et destruc- "étaient assis tous deux devant leur 

"Il est dépourvu du plus bel attri- teurs. Je vous lirai quelques ex- "maître ; les soleils plus innombra- 

"but de l'homme, la "perfectibili- traits qui apportent une autorité à "blés que les grains de sable de la 

"te". Chez lui chaque profession ce que j'avance, en même temps "mer, les mondes recommençant 

"fait aujourd'hui ce qu'elle faisait qu'ils annoncent l'aurore d'un jour "par delà les mondes., Dieu sans bor- 

"hier, comme l'hirondelle bâtit son nouveau. Voici un dialogue que Le- ""es dans sa puissance comme l'es- 

"nid et le castor sa maison... Je gouvé suppose entre personnes dont "pace dans son étendue, l'infini en 

"cloute beaucoup qu'il soit possible l'une, imbue de doctrines vieillies, "«» "tôt, tel était 1e "tableau que 

"d'en rien faire.'' se déclare contre l'instruction des "l'on déroulait devant eux. Le jeune 

Si cet auteur n'a pas, à propre- femmes, tandis que l'autre soutient "homme immobile, les yeux fixes, 

ment parler, formulé ici de doctrine, la thèse contraire: "les sourcils contractés, écoutait et 

cependant ne pent-on pas inférer de "—Et savez-vems ce qui adviendra "regardait ardemment... Il voulait 

ces lignes, que selon lui, si la scien- "quand vous aurez réussi à entasser "comprendre. La jeune fille, elle, ne 

ce et la réflexion sont les éléments "toutes ces sciences dans la tête des "faisait que sentir ; paie, les nari- 

indispensables au progrès et la con- "femmes? C'est que la femme aura " nts agitées, les yeux pleins de lar- 

dition de la "perfectibilité" de "cessé d'exister et qu'il ne restera "mes, elle se levait malgré elle de 

l'homme ; ces mêmes éléments "plus qu'une pédante. ' S( - ,n siège et s'avançait vers son 

quand ils atteignent les femmes, pro- "L'hôte. — Qu'importe ces exem- "maître comme attirée par la ter- 

duisent des résultats tout différents; "pies. La femme est-elle donc elle- " rtlir même, ses paroles semblaient 

ne résulte-t-il pas de cette lecture, "même aujourd'hui? Songez-vous "«voqwer dewaat elle une apparition 

deux lois de l'évolution humaine : "d'où elle vient, comment on l'a "pleine d'épouvante ci de charme... 

une pour l'homme, l'autre pour la "élevée cette pauvre émancipéa "^ cherchait Dieu... Elle le voy- 

femme. Mais deux lois supposent! "d'hier? Xos grand'mères ne sa- " !Ut 

deux natures différentes, n'y avait- "vaient pas lire et s'en faisaient "Ainsi se matérialisa devant mot 

il pas songé?... Que penserait-on au- "gloire. Les femmes de notre âge "«e génie particulier de la femme 

jourd'hui de celui qui enseignerait' "portent encore la trace de la servi- "q«i mêle à tout l'inspiration, et le 

qu'il existe un double système, du "tude des âges précédents ; ce sont "scinimcM, pour qui toute étuda 

monde physique, du développement "des parvenues en fait d'instruction. " 0:sl un degré de plus qui la rappro- 

des organes et de la perception des "Mais, quand une fois la liberté de "*■*<•' cia ciel. 

sens? Que les yeux chez quelques-uns "son souffle puissant aura passe sur Notre hôte s'arrêta après ces 

par exemple, perçoivent la lumière "cette race et l'aura régénérée, "mots, et le comte garda te silence 

quand elle frappe la rétine, les au- "quand l'exception d'aujourd'hui "en homme vaincu sinon convaincu, 

très quand elle n'y arrive pas ; "étant devenue la règle de demain, "et reprit d'une voix railleuse: Ad- 

l'oreille chez quelques uns entend le "la scietue mt,i le partage de. "mirable programme, seulement il 

son quand il frappe le tympan, les "quelques-unes, l'instruction le par- "offre un léger inconvénient, il tue 



Qg £E JOURNAL DE FRANÇOISE 

"1« famille; qui gardera les enfants, "te humaine : eh bien, comme toile L'instruction est la condition du 

"pendant que ta mère regardera les "elle a droit au développement le développement intellectuel. Or, la 

"astres? oui gouvernera le ménage "plus complet de son esprit et de femme doit se développer intellec- 

"t-t veillera comme dit Molière à "son cœur. Loin donc de nous ces tucllemeut. Donc, la femme doit ac- 

' "mon pdt, dont j'ai besoin, pendant "vaines objections tirées de nos lois quérir l'instruction. 

"qit la femme fera des expériences "'d'un jour. C'est au nom de l'éter- Après ces considérations d'ordre 

"de chimie? Vos filles savantes se- "té que vous lui devez la lumière! spéculatif, devenons modernes, soy- 

"ront peut-être des apôtres, pour Je ne puis résister au désir de ci- ons de notre temps, soyons de notre 

"parler votre langage, mais des ter encore une page admirable, elle siècle ; entrons dans le domaine, de 

"épouses, des mères... jamais! Il est est d'Etienne I,amy : l'observation, relevons des faits, 

"vrai que ces devoirs sont bien terre "Or très au-dessus des cris, des ri- cherchons où en est aujourd'hui la 

"à terre pour des astronomes. "dicules et des extravagances par question de l'instruction des fem- 

'*J« m'étais tu jusqu'alors pour "lesquelles les échauffées du fémi- mes, dégageons-en les principaux ef- 

" laisser parler mon interlocuteur, "nisme hurlent leurs droits et com- fets. 

"mais en entendant cet éternel so- "promettent leur cause, la voix gra- (à suivre) 

"phisme, sous lequel on accable les "ve, calme, désintéressée des peu- MARIE GEK.IN-LAJOIE. 

"femmes depuis tant de siècles, je "seurs s'élève à l'heure présente ; el- _ 

"m'écriai malgré moi: "La voilà, "3e retentit en Allemagne comme en pt . *». M# 

"je la reconnais cette vieille tacti- "Angleterre ; les brises d'Amérique LfHIWUV J&vHwHI 

"que qui, comme le dit aussi Moliè- "l'apportent à la France, et la 

"re, immole sa victime avec un fer "France la répète au monde,; et par- C'est le 12 novembre prochain que 

"sacre... Définissons donc enfin une "tout semblable comme la conscien- sera chanté, au Monument Natio- 

"fois pour toutes, ces titres vénérés "ce des diverses races, elle annonce na j l'oratorio de M. Contant. 

"dont on lait tant d'instruments de "que pour la femme des temps nou- "C'est une œuvre géniale dont on 

"sujétion... Etre épouse et mère, "veaux se préparent. Dans sa liber- ne saurait dire trop de bien", a-t-il 

"est-ce donc seulement commander "té grandie et dans son influence été écrit de la création de M. Con- 

**mi dîner, gouverner des domesti- "étendue ces voix célèbrent la répa- tant, par un musicien émérite. On 

"ques, veiller au bien-être et à la "ration d'une longue injustice, l'fex- ne saurait ajouter rien de plus à un 

"santé de tous ; que dis-je, est-ce "ercice légitime d'une force nécessai- éloge aussi complet, et, il ne nous 

"seulement aimer, consoler, prier ? "re au monde et l'aurore d'une ci- reste qu'à souhaiter à no'tre com- 

"Non, c'est tout cela ; mais c'est "vilisation où la femme introduira patriote distingué le succès qu'il 

"plus encore: c'est guider et élever; "peut-être ce qui manque davantage mérite à tous égards. La première 

"par conséquent, c'est savoir. Sans "aux hommes et ce dont les femmes audition de cette œuvre remarqua- 

l'savoir, pas de mère qui soit com- "sont le plus riches: la douceur, la ble est placée sous le haut patrona- 

"plêtement mère ; sans savoir pas "miséricorde, la pitié, la bonté, les g e de sir Wilfrid et de Lady Lau- 

"d'épouse qui soit vraiment épouse, "vertus de l'amour. Or, ces prévi- r i er , qui, ont tenu à encourager un 

^"11 ne s'agit pas en découvrant à "sions des sages, qui semblent des compositeur canadien ; c'est un bon, 

"l'intelligence féminine les lois de la "nouveautés hardies, renouvellent la exemple à donner et nous espérons 

"nature, de faire de toutes nos fil- "plus ancienne espérance du monde. qu ' un gram ] nom l Jre f ] e Montréalais 

"les des astronomes et des physi- "Dans le commencement des socié- assisteiont à cette représentation. 

«tomes. Voit-on que les hommes "tes, malgré la barbarie qui rédui- R„ cou rageons surtout ceux de nous 

-'deviennent des latinistes pour "sait la femme à ce rang d'esclave qui ont du talent> ufin qu , ils puis . 

Ravoir employé dix ans de leur vie "et de chose, apparut dans la poésie sent noi]S cn donllcr la Ieine mejm . 

a 1 étude du latin. Il s'agit de trem- "et dans l'espérance des peuples, la re , 

"per vigoureusement leur pensée par "femme d'où, viendrait le salut. Et _____ 

"une instruction forte pour les pré- "dans les mythes grossiers des ré- 
parer â entrer en partage de toutes "ves paganistes s'ébauchaient cette Tl^fiSC 

"les idées de leurs maris, et toutes "vision de la vierge mère, de la lai- 

"les études de leurs enlants. "blesse et de la pureté devenue fé- Cette petite comédie de Françoise 

"Au-dessus de ces titres d'épouse "conde et attirant le divin." sera jouée à la salle Karn, le mar- 
tel dt mère, titres transitoires, ac- D est certainement humiliant de di, 7 novembre prochain. 
"cîdentels, que lu mort suspend, qui penser qu'il est encore nécessaire au Des artistes émériles tels que 
"ap p a r tie n n e nt aux unes et qui vingtième siècle, en abordant la Mlle Labeile, MM. Saucier, Emiliano 
"n'appartiennent pas aux autres, il question de l'enseignement supérieur Renaud, J.-B. Dubois, sont inscrits 
"est pour les femmes un titre éter- pour les femmes d'en .établir l'urgen- au programme. 

"Bel et inaliénable qui domine et ce, de consolider et de prouver les Sir Wilfrid et. Lady Laurier ont 

"précède tout, c'est celui de créatu- prémisses de ce syllogisme : promis d'être présents. 



I,E JOURNAL DE FRANÇOISE: 23* 

*A^>^^t^*AA**VS^^^^S^^^WWV^WVi » ^* WW VS*VWWWWWW*^ ^ yS^^^*^**^^^^*^ * ! »^^ *■ 



FRONTENAC INTIME 



w 



1652-1B58 

D'après les "Mémoires" de Mademoiselle de Montpensier. 



Mais n'applaudissons pas l'acteur et, avec un air évaporé, elle me dit: vous maltraite. C'est moi qui sois 

avant qu'il n'entre en scène, et lais- "Je viens de recevoir des nouvel- cause qu'on vous a oté Préfontaine 

sons la Grande Mademoiselle nous les de Paris qui m'obligent d'y aller et Nau ; j'ai dit tout ce que j'ai pu 

raconter, par le menu détail, la de- pour mes affaires, et en même temps contre eux, et je m'en vante. Il me 

sagréable surprise que lui ménagea on m'en envoie la permission ; dont suffit que vous aimiez les gens pour 

le premier de l'an 1657 et nous dire j'ai la plus grande joie du monde ; me les faire haïr. Je ferai plus : je 

quelles tristes étrennes lui échurent je suis enchantée de vous quitter." dirai à Monsieur qu'il est honteux 

en partage ce jour-là. Je lui répondis : "Je suis ravie, que ,des gens qui lui déplaisent 

"I v e premier jour de l'an, la coin- que vous ayez cette liberté, c'est un soient sur le pavé de Paris, afin 
tesse de Fiesque entra dans ma bon signe pour M. le comte de Fies- qu'il les en fasse chasser. Il n'y at 
chambre avec un, habit magnifique, que ; et comme je l'aime et l'estime rien qui se puisse faire contre vous 
poudrée et ajustée au dernier point; fort, je lui souhaite toutes sortes que je ne fasse ; et rien ne me fâche- 
elle disait : j'ai un grand dessein, d'avantages." —Elle me répondit : rait tant que de savoir que vous ne 
Je ne lui demandai point ce que c'é- "Il y a longtemps que je souhai- vous plaignez pas de moi. Je ferai 
tait. Ive soir, j'étais dans mon cabi- te sortir d'ici ; je ne savais mù al- contre vous des manifestes (des 
net, où je faisais écrire des vers et 1er, sans cela je n'y serais pas de- cancans ) qui courront par toute la 
des chansons dans un livre ; j'allai meurée ; je me déplais fort auprès ville." Je lui répliquai avec beau- 
quérir Madame de Fiesque pour me de vous et ne trouve pas que vous coup de douceur : 
dire cellesiqu'elle savait. Je heurtai m'ayez traitée, comme je le méri- "Si vous me déclarez la guerre, 
à la porte de la chambre de Mada- tais." — Je lui dis : vous n'y aurez aucun avantage ; 
me de Frontenac ; on fut quelque —"Quand vous avez désiré de ve- tout ce qu'il y a de princes en Euro- 
temps à m'ouvrir, et après on s'ex- nir céans, je vous ai fort bien re- f* me sont si-proches qu'ils n'aban- 
cusa sur ce qu'elle avait pris un re- çue." Elle reprit : donneront pas mes intérêts pourles 
mède. Madame de Fiesque vint avec "Cela eût été fort ridicule que vôtres." 

moi, puis elle sortit et revint. Elle vous 11e m'eussiez pas bien reçue, Elle parla encore une heure entiè- 

avait les yeux égarés, beaucoup plus moi qui vous ai fait l'honneur de re, et de cette force, disant toutes 

qu'à son ordinaire. Mademoiselle de venir ici." les extravagances qui se peuvent 

Vandy qui la regardait lui dit: "Je —"Et moi, lui dis-je,je vous en fait imaginer, A quoi je répondis simple- 

ne sais ce que vous avez aujourd'hui beaucoup de vous y recevoir et de ment ce que j'ai dit. A la fin j'eus 

vous n'êtes pas comme les autres vous y garder, vu la conduite que peur que la longueur de son imperti- 

jours." Elle allait et venait. Il y v«us avez tenue envers moi : on ne lient discours ne lassât ma patience; 

avait dans ma chambre Madame de vivrait pas chez une simple dame et répliquai : 

Thiangcs, Mademoiselle de Vandy et comme vous avez fait ici qu'elle ne "Avez-vons tout dit? Ce n'est pas 

vSegrais (3) qui écrivait avec un vous eût priée de vous en aller chez pour vous répondre que je vous le 

conseiller de Dombes. Tout d'un vous. I,a considération de M. Fies- demande, mais pour vous envoyer 

coup elle entra d'une furie terrible que m'a fait tout souffrir." Elle me coucher." 

dit : Elle me répondit : "J'aurai l'hon- 

"Vous m'accusez d'avoir été dans neur, demain, de prendre congé de 

(3) Jeun Hegaault do Sogmia ( iua*-t7oi ) lus i ut érèts de Monsieur contre vous; vous. Tel fut son adieu." 

poète français. "Une espèce <io savant. tourne |j est vrai . j e vous ^ fait tout lç J'avoue que l'effort que j'avais 

sur 10 lui esprit." voilà e« ( ( uo la «nuuic nia- ma i qiK , j' a j p U et | fi r crais encorc f a i t ponr maîtriser ma colère me fit 

demoiselle dit do lui dans m k<MwùW ■ s i j'étais à même de recommencer, un peu de mal et que j'étouffais. 

piM.™ remerciement pour tout lo mai quii s'a- j etruuvc f(Ue Monsieur ( Gaston Toutes les personnes, témoins d» 

tait donne «,. écrivant, bou.h «a dktoo, coni™ t p() r |^. ans ) vous u trop 'bien traitée; cette scène, demeuraient stupéfaites 

Madame de Frontenac, dos pamphlets outra. ^ g »y m ' avait cnu , {] vous auni it d'étonneilient." 

bwwk diffamatoires au premier ri.ef. fail pis _ Monsieur, q „j esl rhoiuiiie Mais la duchesse de Montpensier 

, — , — _ j e ^| ns discrédité du royaume ne n'était pas au bout de ses surprises. 

m^tm^m, Jmami ''" l ' , '"" v '" ia "" '" '-'' saurait plus se îvam-éditer s'il ne A peine la comtesse de Fiesqn© 



142 JOURNAL DE FRANÇOISE 

avait elle quitté r.ipparU'incnlturnc de notre futur gouverneur, ce de votre amie, la comtesse de 
qu'un mosnger, M service de la Sitôt pensé, sitôt fait : car l'oc- Fiesque?" — Madame de Frontenac 
Grande Mademoiselle, vint M dire easion d'agir vint s'offrir d'elle-mê- me répondit qu'elle était fort mor- 
"un'il avast rencontré Frontenac à me, presque instantanément, et de tifiée qu'elle m'eût déplu. Je lui de- 
cinq lieues de Saint-Fargeau, qu'il la façon la plus naturelle du mon- mandai si elle n'avait point de nou- 
avait le manteau sur le ne/, : qu'il de. La duchesse venait précisément voiles de sou mari, que l'on m'avait 
avait mis le pistolet à la main pour de quitter le salon du château pour dit qu'il était venu (à tSaint-Far- 
ge taire moins connaître et qu'il ses appartement particuliers geau). Elle m'assura que non." 
avait jugé de m'en avertir tout ans- quand, subito. Madame de Fronte- Cette réponse n'était qu'un auda- 
sitôt. Je jugeai à ce récit que c'e- nac parut. Elle venait, "comme elle cieux mensonge. Mieux que person- 
lait lui fFroatenac) qui était dans avait accoutumé", lorsque Fronte- ne Madame de Frontenac savait 
la chambre de sa femme lorsqu'on nac n'était pas à Saint-Fargeau, qu'à l'instant même où elle parlait 
m'avait fait attendre, et qu'il von- coucher dans ma chambre", disent SO n mari se tenait caché dans le 
Lut M cacher." les "Mémoires". château, au fond d'une chambre 
la- récit de ce domestique, pour Singulier tempérament que celui connue d'elle seule, attendant que 
étrange qu'il lût, n'ébahit point la de la Grande Mademoiselle. Cette il- l'orage fut passé, c'est-à-dire que la 
duchesse. Q ne taisait que confirmer lustre névrosée, qui bravait la mort comtesse de Fiesque eût lancé tou- 
l'exaclitude d'une confidence que lui en plein soleil, avec une crânerie et tes ses foudres et épuisé, avec sa co- 
avait laite, l'année précédente, la une témérité sans égales — témoins 1ère, son répertoire d'injures à l'a- 
iemme d'Apremont, un aiîidé de la l'affaire d'Orléans et le combat de dresse de Mademoiselle de Montpen- 
comtesse de Fiesque. "J'ai l'hon- la Porte St-Antoine, — avait peur, s i e r. Et voilà comment, payant 
m-ur d'être votre sujette, lui avait- la nuit, "des ténèbres" et "des d'audace, l'astucieuse "maréchale 
i-lle dit, et suis au désespoir d'avoir morts". Au point, qu'elle gardait de camp" venait en l'appartement 
Épousé un homme qui a tant agi de la lumière près de son lit et n'y particulier de la duchesse l'endor- 
contre votre service ; je tâcherai de couchait jamais seule. (5). mir,— au propre comme au figuré, — 
le retirer de celui de Madame la —"Que dites-vous de l'extravagan- et le plus longtemps possible, dans 

comtesse de Fiesque. J'ai cru être une sécurité trompeuse, fausse com- 

obligée de vous avertir de ce que je dessein que la comtesse de Fiesque avait d'aï- me son amitié, perfide comme elle. 

savais. Vous saurez, donc, Mademoi- 1er & Ouerchy.'-' — Les deux actes de cette co- Mais la cause de la comtesse^ de 

selle, que mon mari a pension de médie, c'est-à-dire la prise de bec de Fiesque Fiesque était désespérée ; fatalement 

Monsieur votre père ; qu'il écrit et et Mootpeneîer au château de Saint-Fargeau, et l'impétueuse "camarade" — "mon 

reçoit tous les ordinaires des lettres la rencontre fortuite de Frontenac et du do- camarade" comme se plaisait à l'é- 

de Blois, lesquelles il envoie à Ma- mestîque sur la grande route de bioîs, se crire, au sens militaire du mot, la 

dame la comtesse de Fiesque ; que lou ai ent , en même temps, dama la soirée du 1er comtesse de Frontenac — l'impé- 

M. de Frontenac le vient voir quasi janvier l*S7. tueuse camarade devait envelopper 

tous les jours ; qu'il laisse son ca- (5) a la mort de la comtesse de Fiesque, ses deux complices dans sa disgrâ- 

RMse au bout de la rue* et vient le «aère, suie de Montpellier eenfuit de Saint- ce et les entraîner irrésistiblement 

manteau sur le ne/. ; et quand ils Fardeau à itatiiiy, où elle s'étourdit à chasser dans sa chute. 

parlent de vous ils disent : "Elle le uêvre. "Je fus cinq ou six jours dan» ce dé- "Quand je m'éveillai, raconte la 
n'est pas où elle pense, on la mettra mt P'»r donner le temps d'ouvrir ("embau- Grande Mademoiselle dans ses "Mé- 
bien à la raison." mer-) le corps, remporter et aérer la cham- moires", l'on me dit que Madame de 
Mademoiselle de Montpensier dut bre - J e crains l'odeur des morts dans une mai- Frontenac était levée depuis long- 
se rappeler le mot-à-mot' de cette *°n, et j"a! grand 'peine a y coucher quand il y temps." La "Divine" était allé re- 
dernière phrase et l'appliquer exac- t» *■•" joindre son mari pour combiner avec 
tentent à Madame de Frontenac en. Kiie écrivait cela en i«53. Quatorze ans plus lui une action commune, un plan 
apprenant, de la bouche de son do- tard. i»«7, la même terreur la possède; elle quelconque qui les sortit de l'impas- 
mestique, encore tout essoufflé de «fuse de coucher dan» la chambre où était se où les avait jetés l'irascible com- 
•son message (4) , la chevauchée noc- mort reveque de Tourna? - -Au sortir de ta- tesse de Fiesque. Il fallait, de toute 
_ i,,,, j e m - Bll allBj coucher ; je ne voulus pas k nécessité fabriquer une histoire de 

(4) J'Mar r t l rt ri BJ t MMW du rôle j««e par ce faire que j» ne fusse eclaircie de la chambre vraisemblance Suffisante à COIlVaill- 

ttm*m*m, I» dois ajouter «tu- phrase des dans laquelle Était mort l'évêfjue, parce que l'on CTela dltclieSSe qu'ils n'étaient point 

"Uî-ntalms" "4 «vais (Montpensier) envoyé m'avait ioifee & l'eveehé oO il venait de mou- partie aux frasques éclatantes de 

un d* me» getw au devant de Colombier qui de- rir. Une vieille servante me montra la cham- leur alliée. D'autre part, Montpell- 

v»,t MMttdr de moiM pour lui d.reque «i Son Ure ; je fis tendre mon lit dans une autre bien sier connaissait parfaitement les 

êti$mm Bayai» tgmmtt, t*.« o»? j-y «.nasse, si ftetgaft, <je eeiie-iâ. Katureiu -ment je crains les derniers agissements de Frontenac, 

ne m'«i dtt rien K.rsos'.I arriverait là Maint- morts et n'use pas approcher de l'endroit où les allées et Venues du beau Cavalier 
r «rgeau | * |-or que «la ne f,t changer le ils sont trépas»*»." mr J a roU te d u Bloi.S, bref, SCS moin- 



LE JOURNAL DE FRANÇOISE ' *& 

drcs faits et gestes de la mût précé- de sa chambre et dîna avec la coin- "L'Empereur m'a fait appeler vers 
dente. Par surcroît de déveine e% tesse de Fiesque. Celle-ci pria Made- deux heurta. Nous avons parcouru 
d'embarras Frontenac ignorait — et) moiselle de Vandy de demander â la quelques journaux. Les journaux 
sa femme comme lui — qu'il avait Grande Mademoiselle si elle aurait nous apprenaient que son îiêre 
été rencontre et reconnu par le mes- pour agréable qu'elle vint prendre Joseph avait acheté de grandes 
sager de la duchesse, lequel, re- congé d'elle. propriétés au nord de l'Etat 
broussaut chemin au plus vite, était "J'hésitai à lui donner cette per- de New-York, sur le fleuve ' 8t- 
accouru à Saint-Fargeau rapporter mission, nous raconte Montpensier; Laurent, et qu'un grand nombre de 
l'aventure avec force détails, aussi je craignais qu'elle ne me dit autant Français m groupaient autour de 
intéressants que précis. Aussi, Fron- de sottises que la veille, et ne me lui de manière à fonder bientôt un 
tenac, se croyant libre d'imaginer à fiant pas à ma patience, je ne vou- établissement... L'Empereur disait 
sa guise, se perdit sans retour en lais pas m'exposer. Mademoiselle que cet établissement devait devenir 
voulant s'excuser auprès de son hô- de Vandy m'assura qu'elle serait sa- bientôt un attrait naturel pour la 
te - ge ; sur cette garantie je lui permis population du Canada déjà îrançaî- 
"Comme je me coiffais, écrit Ma- de me voir. se, et compter., en peu de temps, une 
demoiselle, Frontenac entra dansi (à continuer) réunion d'hommes très forts dans 
ma chambre, comme un homme con- ERNEST MYRAND. tous les genres. S'ils remplissaient 
damné à mort. Jamais je n'ai rien Québec, 31 octobre 1905. leurs devoirs, ajoutait-il, il sorti- 
Vu de si affligé, et cependant il fai- -' . rait de là, d'excellents esprits, des 

sait le résolu. Il me dit qu'il avait} * ~~~~~»~~«~~~»~~» * réputations victorieuses du système 
appris de Madame de Sully le des- à j qui triomphe aujourd'hui en' Euro- 
sein qu'avait la comtesse de Fiesque } ffiipClCOll Ct K £<U!<l(l<l \ pe... L'Empereur avait déjà eu à 
de s'en aller ; qu'il en avait été fort J * l'île d'Elbe quelque idée semblable. 
surpris ; que Madame de Sully l'a- * »-*'*'»-*-**--*^^%--*-»-»-»-%.-*-»-»-»-»-».-» <? 

vait envoyé pour l'empêcher de faire , ,_ Si l'Empereur eut gagné l'Améri- 

»„ „„> n„ ,. n ; f r„; + .„..„_, 1 A propos du grand drame de Na- . -, , . ± ,. . ., , 

ce qu elle avait fait ; que par mal- ,. ,, . . . & . , .. que, il comptait, disait-il, appeler à 

iion^ ;i ,u„; + ..„„., i„ j. i i-i poleon loue la semaine dernière, au , • . , " . 

heur il était venu trop tard ; qu il £ J . lui tous ses proches. Il supposait 

c'était iiot-ri,, 1., „„;* a„„ c . i„„ 1 ; lheatre Français, M. Mandement, ,„ ... ... r . 

s était perdu la nuit dans les bois, T. , , - • qu ils eussent pu réaliser au moins 

0+ m.';i v,'ô+„;+ „.—,•.,' „ i' ; 1 artiste dramatique et écrivain, en ln .„. 

et qu il n était arrive qu'a cinq heu- H . ' 40 millions. "Ce point serait devenu 

res du matin. Je savais qu'il men- f» lllan t dans le Mémorial de Las fc ^^ d , un ra ^ mb]ement nad<> _ 

tait ; outre ce que j'avais appris de. Cases ' a *°* Ve ******* ° U T™ nal > d '«» e ^trie nouvelle." 

l'heure exacte de sa rencontre en, f e P» ses > le Grand ^Pff« r i dont Avant un an, les événements de la 

chemin, on l'avait vu entrer à dix la fl S ure . est f. ,TÏ f ^ France, ceux de l'Europe auraient; 

heures du soir au château et en sor- nous ' avalt P arlc dn Canada ' A tX ' groupé autour de lui cent millions 

tira ^ir.i,^ 1,-,,-,,., »--„. • -au tre de curiosité, nous reproduisons . ... .,..,, 

tir a deux heures après minuit." , . .., , , ^ et soixante mille individus, la plu- 

T <i Ji,»i,„«. „„ „„^j 1; „ 1 1 .- ces paires dans le "Journal de Fran- , , . .. , *\ 

iva clucnessc se garda bien de lui . * t ° part de ceux-ci avant propriétés, ta- 

dire ce qu'elle savait, soit qu'elle le Çolsc : r lents, et instructions. L'Empereur 

méprisait trop pour cela, soit qu'el- "Mon code, disait Napoléon, est disait ^.y aurait aitlt;i à réaliser 

le préféra le laisser s'enferrer davan- l'ancre de salut qui sauvera la Fran- ce rêve - c - eut étj g um gi j re toute 

tage à mesure qu'il parlait. Il était ce." Et les peuples d'Europe pensé- IiouV elle..." 

difficile en effet de se mieux trahir «nt comme lui et adoptèrent son Mais pp; m p ort . ur se croyait tenu à 
et livrer à l'ennemi. Le petit dis- code... comme le Canada. montrer à l'Europe son entière con- 
cours 4e. Frontenac n'était qu'un Mais il est un autre fait moins fiance dans le peuple français... 
tissu de faussetés. Reliez-le, et vous; connu, quoique rigoureusement bis- S'il est à Ste-Hélène, c'est à ce 
V compterez autant de mensonges torique, qui rapproche plus encore, sentiment qu'il le doit ; jamais il ne 
que de membres de phrase ; mensoa- Napoléon de notre histoire cana- put se séparer de cette pensée. 
ges grossiers autant qu'audacieux, dienne. N'est-ce pas, en effet, sur- (Mémorial de Ste-Hêlène, page 
qui ne faisaient pas même honneur a prenant de lire dans le "Mémorial j,.s. ) 

l'imagination de ce roué, fort habile de Sainte-Hélène", dicte par l'Em- () r , pur un de ces hasards curieux 
d'ordinaire à se retrouver. Mais, pereur au comte de Las Cases, la à tenter, les chercheurs de sugges- 
cette fois-ci, l'acrobate était trop preuve absolue que, par deux l'ois, tion à longue distance, à la date* 
acculé au mur, l'espace lui manquait après l'abdication de Fontainebleau, même où Napoléon dictait à Las 
pour prendre son élan, et risquer le comme après Waterloo, Napoléon Cases, dans son jardin de Ste-Hélè- 
saut périlleux. pensa à gagner l'Amérique et à ve- ne, les projets que nous venons de 
Madame de Frontenac se gardai air au Canada? dicter, Louis-Joseph Papineau, dé- 
bien d'accompagner son mari chez ( Mémorial de Sic Hélène, dimati- pute de Montréal, étant président 
la duchesse. Elle ne descendit point che, 26 mai, 1815 ) Extrait : de la Chambre "achetait Vite 



m LE JOURNAL DE FRANÇOISE 

Sic-Hélène de Montréal"", à I'hono- dieu se" qui a été l'âme tle cette 01- d'augmenter, s'il est possible sou 

Mfcbto CI». W. Grant, baron de Lon- ^anisation. capital inaliénable pour le 1er jan- 

gueusl, et ce, pour le compte du Nous sommes trop heureuse de vier prochain au chiffre de §200,000. 

gouvernement, nous faire l'écho d'un éloge aussi Ce beau résultat après sept années 

N'est-ce pas singulier cette eoïnci- magnifique et île reconnaître dans d'expérience seulement, est un exeni- 

dence? Kt s'il est permis de croire cette "jeune femme charmante et pie frappant de ce que peut l'aire la 

Ihidson Lowe, le trop célèbre géô- studieuse", notre collaboratrice dé- petite économie. 

lier, assurant après la mort de Na- vouée, Mme Marie Gérin-Lajoie. Les Au $1 décembre 1899, après une 

poléon, avoir reçu l'ordre de coin- femmes de notre pays devront beau- année d'opération, le capital de ect- 

uiuniquer à l'Empereur sa libération coup à son iièle infatigable, à son te société n'était que de sept mille 

prochaine, qui sait si le jour ne fut énergie ferme, à ses fortes et claires piastres, l'épargne de 25 cents par 

pas venu où l'Angleterre, réalisant lumières. mois par quelques milliers de soeié- 

le vœu de Napoléon, ne lui eut don- Si l'on réfléchit à toutes les diffi- taires a donc augmenté son encaisse 

né, au lieu du rocher infâme de Ste- cultes qu'il fallait surmonter dans au chiffre ci-dessus mentionné. Il 

lîelène, l'île fleurie et plus clémente, l'organisation de ces cours de droit, n'y a encore qu'un petit nombre de 

la Ste-Hfclène de Montréal, ainsi à l'usage des femmes, aux préjugés personnes qui connaît l'existence et 

baptisée par Champlain qui Tache- à combattre, aux volontés contrai- le fonctionnement de la Caisse Na- 

ta, ver? 1619, avec le douaire de sa res à vaincre, on pourra juger du tionale d'Economie. A quel montant 

femme, Hélène Boullé, et dont elle travail qu'il lui a fallu faire, de sa ce capital serait-il rendu si seule- 

a gardé le prénom. constance dans sa résolution et de ment dix mille nouveaux membres 

J M\NDEMENT toute l'éloquence qu'il lui a fallu s'étaient inscrits chaque année de- 

. !_. , déplover en faveur de la cause puis sa fondation? Je dois dire sans 

Artiste dramatique. „ l - , . , . , f, .. .. .... ., . • „ 

Soyons-lui donc reconnaissantes de hésitation que son actif serait bien 

* la voie qu'elle nous a ouverte et ren- près d'un million de dollars. 

3. i - l - t -i -1 - 1 - M - H ' 1 ■ H i * . -l-M l -l- t M- »:♦ due dorénavant plus facile. Il suffit que le public prenne con- 

*î> *> Il a ♦ La conférence de samedi prochain naissance des garanties et des avan- 

DUit lUttO^tlOn I sera donnée par M. le juge Mathieu, tages exceptionnels qu'offre cette 

t m I tu i il l lllI l M A de la faculté de droit de Laval. société, principalement aux femmes 

9 IM I I r 1 »■ v Un publk nombrellXi composé sur- et aux filles de tout âge, pour réali- 

Montréal a vu. la semaine derniè- tout d'élèves de couvents et d'aca- ser dès maintenant ce qui aurait pu 

te, la première conférence de droit démies laïques, accompagnées de se faire depuis sept ans. 

usuel à l'usage des femmes et des religieuses et d'institutrices, assis- La Caisse Nationale est la seule 

jeunes filles. Cette conférence faite tait à oe cours piatique, qui sera société qui ouvre ses portes toutes 

par un de nos émînents juges, sir donné dorénavant les samedis 28 oc- grandes pour l' enrôlement des fem- 

Alexandre Lacoste, et présidée par tobre, 4, 11, 18, et 25 novembre, de mes au même titre que les hommes 

Sa Grandeur Mgr Bruchtsi avait 1 deux à trois heures de l'après-midi, à et ce fait seul doit nous porter à 

donc toute la sanction civile et re- l'Académie Bourgeois, rue Plessis. l'étudier et à lui donner l'encourage- 

îigieuse qu'on pouvait lui désirer. Parmi les différentes communau- ment qu'elle mérite. 

"Il importe que la femme connais- tés et académies qui prennent part La Caisse Nationale d'Economie 

se bien les obligations qui lui in- à ces conférences, mentionnons: les est le genre d'épargne que chaque 

incombent, a dit le savant légiste Sœurs de Congrégation, les Soeurs famille devrait s'imposer. Il est très 

au début de sa conférence, car, sans Grises, de Ste-Croix, des Saints rare de nos jours, elle/ la jeunesse 

ces connaissances, elle risque de se Noms de Jésus et Marie, de Ste- An- surtout que l'on réussisse à mettre 

rendre involontairement complice ne, de la Providence, les élèves de de côté régulièrement chaque seinai- 

d 'irrégularités et même de fraudes." l'Académie de Mme Marchand, de ne ou chaque mois une somme assez. 

C'est bien aussi notre avis, et Mlles Labelle, Bélanger et Viger. forte pour former en quelques années 

nous applaudissons de tout cœur à FEMINA. un capital important pouvant assu- 

une inauguration aussi pratique, 4 rer son avenir. 

aussi utile que celle qui vient de se £g çjflgt <W$ RvRtiCf ! La Caisse Nationale d'Economie 

faire par la fondation de cours de comble cette lacune, elle facilite, aux 

droit à l'usage des femmes. Je viens de recevoir I9 ^'Bulletin" personnes de bonne volonté, le 

Dans une allocution, où Mgr Bru- mensuel de la Caisse Nationale d'E- moyen de faire de l'épargne pour el- 

chési, faisant œuvre de bon féminis- conomie qui contient les condition» le.s-inémes et pour leurs familles, 

te, a loué l'inauguration de ces cours d'un concours, ouvert aux sections l<;t quand ce ne serait, Mesdames, 

et reconnu hautement leur nécessité, et aux bureaux de perception de cet- que pour subvenir aux besoins mul- 

Sa Grandeur a aussi fait allusion à te florissante société. tiples de la toilette, vous auriez en- 

"Li jeuue femme charinaute et stu- Ce concours est établi dans le but core raison de vous inscrire a la 



LE JOURNAL DE FRANÇOISE *3S 

Caisse et que de soucis vous voua PfçpoS <l'CtiQU?n? vfe ! *#&*> sauter sur feu doux, liez 

éviteriez, n'est-ce pas? Car si vous _ avec dé la bonne crème et servez, 

retiriez chaque année une tente qui D, --Peut-on couper la croûte d 'un pâté _ 

vous permette non seulement d'ac- qu' on a dans son assiette avec son couteau ? PL,U SI -PUDDING A LA CREME. 
quérir des objets de luxe, mais ans- R - — On coupe le morceau de pâ- _ Faites une crème prise â la. va- 
si de participer avec votre époux au té qu'on a dans son assiette avec sa M jji e * placez-en une couche au tond 
support de la famille, la satisfac- fourchette et non avec son couteau. f p nn moule, puis des raisins secs et 
tion serait d'autant plus grande que Autant que possible, on se sert d'u- <j n cédrat, une couche de gâteaux 
vous vous seriez imposé de légers sa- ne fourchette pour tous les mets qui coupés en tranches minces, une au.- 
crifices durant quelques années de n e sont pas liquides. it re couche de crème et alternative- 
vôtre vie pour atteindre ce résultat. D .- Comment mange-t-on des olives? ment. 

Evitez, Mesdames, à vos enfants, R. — On prend les olives dans le 4 

les difficultés que vous rencontrez plat qui les contient avec la four- £$ PâlâJS ai là lîûUvtilllîl 

aujourd'hui, inscrivez-les à la Cais- chette ou la cuillère que l'on y a 

se Nationale d'Economie dès leur mis, on les dépose sur son assiette, I, e cachemire, Pétamine de laine, 
bas âge et ils recevront après 20 ans mais on les prend ensuite avec ses et, bientôt le drap d'hiver ont rem- 
cette rente annuelle et viagère qui doigts pour les porter à sa bouche, placé les frais ajustements de l'été. 
fera la force de la nation et condui- D . —Je ne puis mançer les raisins sans Mme J. Lamoiueux expose un choix 
ra saine et sauf à travers les écueils en enlever les grains. Puis-je les déposer très nouveau, très complet de ses 
de la vie, la jeune fille ou le jeune ™ r . w £ w assiette, après avoir avalé la ^,^1^ poiir femmes et jepnes fil- 
homme, dont les parents auront été n ' ^ . ■ T -, les. Nous avons vu au Palais de la 

' r . , R. — Certainement. Les grains de . 

prévoyants en économisant quelques raigins ^ ^ it§ ^-^ sQnt re _ Nouveauté des costumes de lainage, 

sous pour leur avenir. cudlHs discrètement a ^ ec les doi ts> de forme élégante, délicieusement 

UNE SOCIETAIRE. sur ks ^ gt M és dans ^ faits, pour la me et ks courses pms 

des toilettes habillées du meilleur 



Il fut un temps où les intérêts des Mme Lamoureux, étant la cofli- 
hommes et ceux des femmes étaient CONSEILS UTILES plaisance même, se met à P en- 
dissemblables: leurs occupations et tiens disposition de ses clientes et 

leurs amusements respectifs diffé- TACHES DE CAFE SUR DES leur fera sur ordre » ou Kw»rai tout 
raient absolument. Mais la femme a ETOFFES DE COULEUR TRES laits ^ Ies toilettes les plus impecca- 
élargi sa sphère et, de nos jours, la DELICATES. - Si les étoffes ta- Wes ^ les corsages ajustés et tes jn- 
jeune fille qu'un homme recherche chées sont de nuance très délicate, P es P Iates ainsi <ï lie les manteaux 
est celle qui s'adonne aux sports,qui lavez-les avec un jaune d'oeuf delà- d'hiver les plus compliqués. Alks 
partage ses enthousiasmes et ses yé. seulement visiter cet établissement 

plaisirs. Il aime aussi lui voir fumer I^es étoffes des corsages féminins remarquable, 
^îne cigarette, pourvu qu'elle fasse se trouvent souvent altérées par les Mme J. LAMOLRETjX, 

usage de celles manufacturées spé- effets de la transpiration et parais- PALAIS DE LA NOUVEAUTE, 
cialement pour les dames. sent irrémédiablement perdues. Voi- _i^?_ nte ^t c-Catherine. 

Telle est la "Diva" faite de pur ci, me dit-on, un moyen infaillible 
tabac égyptien, et mise en paquets de raviver les couleurs foncées ainsi 
de dix avec bout en liège. , détruites : 

1 4> ■ Il suffit de préparer dans l'eau «ne 

L'élégance raffinée de certains cha- dissolution de sel d'étain et de la- 
peaux nous l'ait demander à celles ver i a partie tachée, mais exclnsi- 
qui les porte, le nom de leur modis- ve ment à l'aide d'un pinceau, afin 
te. Et l'on apprend avec plaisir, que. d'empêcher ce lavage de gagner le 
c'est à Mille-Fleurs que ces merveil- rcste c |e l'étoffe. Une personne qui a 
les sont, confectionnées. fait l'expérience de ce procédé m'as- 
4„_ sure cm i|j rcuss it admirablement. 

Félicitations et bons souhaits à > . CoiiYeurs, Perruquiers 

M. Philippe Roy, M.-D. qui vient do RECETTES FACILES et Parfumeur» 

fonder à Edmonlon, "Le Courrier 2365 STt -CATHERINE Ouest 

de l'Ouest". Nous accusons récep- HARICOTS BLANCS A LA CRE- près d» ta rue Pu*!, MONTREAL 
lion du premier numéro du journal ME - Mette, dans une casserole ^1^^^*^?^^%^*^ SE 
qui fait honneur à ses rédacteurs et des haricots cuits à Peau, ajoute/, JJj» ^gffi*' •»*««*- et*«w* *m*,Wm 
à leur esprit canadien-français, mi peu d'eau de cuisson, sel et poi- ^^^^^^t^mST^ ***""*■ 



Les Tailleurs p-arisunspour daarts 

1852 RUE STE.CATHEHINE 

Taiilenrs d'haMUasjeois «te lièieetosse 
fn beaxi chois <l«? Ceetwmee,, mm en 
Soie, Manteaux poor la pluie,, ek% ete. 
Toujours en »am, 1*» tienti&rts nou- 
veautés dans ks warebiuKSîses 
importées. H. SJEUFIKO, prop. 
PiKMie Es* Î&S Bsùre Orôkux et w. HoteMe-TiJJi» 



PUNDE & BOEHM 



jg| ÏM JOURNAL DE FRANÇOISE 

* PAGE DES ENFANTS * 

^♦^*»%.»~»%>»»**-*"»~-*-*>"*'»'*** &*§« r ° r » l'argent, le plomb, le zinc, Tant il est vrai que Dieu a mis à 

* le fer, le enivre, etc., et tous les me- côté de la souffrance, le palliatif né- 

* €»ÏHI$Cfil$ * | taux connus on ceux encore qu'il cessai re à son soulagement, afin de 

\ nous reste à connaître. nous enseigner que des plus infinies 

^'*^fc*^»^**%«^%* ! '***<* , **^** ii i Ces bienfaits des volcans, les sa- choses aux plus colossales/ créées 

Vom afcvfctt jamais l'idée, n'est- vants les ont depnis longtemps re- par lui, il ne s'en trouve aucune qui 

' '„ -w- neveux et nièces, que connus et les poètes les avaient près- n'ait pas son usage particulier, 

les volcans dont l'action est ton- sentis. Ce sont eux qui ont invente bienfaisant ou rémunérateur. 

jours si' funeste puissent être à la la fable des Cyclopes, ouvriers du TANTE NINETTK. 

nature entière» d'mne première né- dieu du feu, Vulcain. ^ —4 — — 

wssilé ( C'est cependant bien le cas. *%es Cyclopes se hâtent de forger RêpOttSC à JCUX Û CSprlt 
Faux minérales, sources thermales, les foudres de Jupiter, écrivait Vir- 

dations balnéaires tout cela pro- gile, poète grec illustre, qui mourut La charade insérée dans ce numé- 
vient des volcans. Dieu a voulu nous 19 ans avant Jésus-Christ ; les uns ro est une erreur échappée a ma sur- 
montrer par là qu'il n'a rien fait avec d'énormes soufflets, faits de la veillance. Que mes neveux et nièces 
d'inutile- et qu'à côté des convul- peau des taureaux, attirent et re- veulent bien n'en pas tenir compte. 
lions de' la terre produites par le poussent Pair qui excite le feu ; les Par suite de quelques mots oublies 
nombre de feux souterrains qu'elle autres plongent dans l'eau l'airain ou changés, la devinette s'est trou- 
renïeraie il mettait toujours la frémissant ; l'Etna gémit sous le vée n'avoir aucun sens. Je n'en suis 
compensation à ces maux inévita- poids des enclumes. Ils soulèvent pas moins reconnaissante a ! mes 
blés Ainsi le feu qui brûle à la base avec de grands efforts et laissent r gentils correspondants du travail 
de ers montagnes enflammées n'est tomber leurs, bras en cadence, et re- qu'ils se sont imposé pour en trou- 
pas un foyer inutile ; c'est une iorge tournent le fer avec de mordantes ver la solution. 

sans cesse en travail et qui fait pins tenailles.' 1 * 

d'ouvrage que les feux les plus ar- Cette période d'activité, de pro- 3CUX d'CSPrlt 
dents que vous puissiez imaginer. duetion abondante des volcans ne 

D'abord, il s'agit de vous expli- peut pas toujours durer, c'est ce CHARADE AMUSANTE 

qûerceque c'est qu'un volcan. Lors- qu'on appelle alors le chômage, Quel est le crime permis par la 

que fume la cheminée d'une de ces mais même là, il y a des degrés di- loi ? 

monstrueuses puissances, on dit que vers. Certains volcans ont une acti- PROVERBES 

fe volcan fonctionne normalement, vite modérée mais ils travaillent 

, ,. . . . ■ . _, , ,. , Expliquez le sens des proverbes 

mais si le tuvau de dégagement se tout de même. Par les fissures de . ^ 

trouve obstrué par des amas ealeai- leurs rochers s'écoulent des eauxi ^, , , ., 

Si-- . , , , .,* j , 1 D un sac a charbon, il ne saurait 

res, que les gaz intérieurs ne peuvent chaudes ou bouillantes que les mala- . 

... -« * ^ * 1 a > « j sortir uiciiiciic liinrit. 

s échapper au dehors par le canal des ou les rhumatisants trouvent _ .„. , . 

,. . .. . , -, . , » , ,, Coup d epee dans leau. 

ordinaire, il arrive alors ce qui ar- appropries a leurs maux. Les sour- „ ■ 

.„ l .. . , - m . , . , . Contentement passe richesse. 

riverait a nos poêles dans le même ces se rencontrent même dans notre _. . . l , . , 

T ;,-*, a a. £-i m. t a •* i ** chat absent, les souris dansent. 
cas: une explosion. La pression de- Amérique, et sont le produit de 

ftet trop forte pour la croûte min- quelques volcans souterrains qui, es- ^^ ~ ^ D , BSpRIT 

m de la terre, et leau qui se trouve perons-le, se tiendront toujours a 

à l'intérieur jaillit avec fracas des l'état latent. 4 

montagnes en ébullitîon, charroyant C'est encore aux volcans que nous «*******» «**«* ^> « „, w 

m ji j '* *Ji—k i 1 - i- r j s * a HlbiOIRh DE FRANCE 
avec elle des , masses de métaux» pre- devons le relief du sol, et par suite- 

deux m fusion qu'on recueille en- la beauté de la terre. Ainsi, vous Nommez quelques-uns des grands 
suite et avec lesquels on fabrique voyez, chers enfants, ce que nous de- hommes du règne de Louis XIV ? 
ces joyaux précieux que nous admi- vous à ces lacs de feux souterrains, Rép. — Colbert et Louvois, minis- 
rom» aujourd'hui.. Oui, petits .amis, sur lesquels est assise notre planète, très des finances et de l'armée ; 'fu- 
ies bijoux dont se pjareat vos »i- On en est mime venu à se demander renne, Condé, Maréchal de Luxum- 
taans proviennent des éruptions vob ce que l'on ferait si ces puissances bourg, Créqui, généraux ; amiraux, 
eanîque*: les diamants, les rubis, destructrices 3'un sens, et généra- Duquesne, Forbin-Janson et D11- 
les saphirs, les émeraudes, les topa- trices de l'autre, n'existaient pas. gnay-Trouîn ; Hossuct, Bourdaloue, 



M5 JOURNAL DK FRANÇOISE 



237 



* PAGE DES ENFANTS * 



^Ç^Ç^Ç^Z^^Zr'F'Ç^V^?^^^ 



Massillon, Fénélon, orateurs .sacrés; 
Corneille et Racine, poètes dramati- 
ques ; Molière éleva la comédie à 
Une hauteur jamais atteinte. Iyafon- 
taine, Boileau, I^aBruyère et Pascal, 
savants et littérateurs ; IyeNôtre, 
célèbre dessinateur. 
Ont répondu : 

Hilaire R. St-Ours, H. Gonzalve 
Désortie, Achille, Suzon I/Heureux, 
Amateur, Montréal. 

Alfred St-Amour, Cousin Antoine, 
Alphonse Bernard, Juliette, G. Ro- 
dolphe Boulet, Adrien St-Jean, Jo- 
séphine 1,., Québec. 



Uariétés 



CHARADES POUR RIRE 

Petit ou grand, j'ai toujours la 
longueur d'un pied. 

Quelles sont les dépenses les moins 
coûteuses ? 

Rép. — 1. -Bottine ; 2. I,es dépen- 
ses de paroles. 

Ont répondu : 

Jos. Mercier, Achille I,au/.ier, Mu- 
sicien, Cousine Rose, I y uciennc Dage- 
nais, Feuille d'Automne, Jeanne 
d'Arc, Cousine Alice, Jérôme Désor- 
tie. 



HISTOIRE DU CANADA 

Dites quelques mots de la bataille 
de Châteauguay. Quel en fut le hé- 
ros et le nombre de ses soldats. 

I^e colonel de Salaberry, à la tête 
de 300 Canadiens livra bataille aux 
Américains à Châteauguay, et rem- 
porta une victoire signalée, le 26 
octobre 1813. 

Ont répondu : 

Marie-Antoinette Gosselin, Chi- 
eoutimi ; laieietine Dagenais, Feuille 
d'Automne, Jeanne d'Arc, Cousine 
Alice, Joseph Laurier, Yvonne Des- 
lauriers, Joseph St-Onge, Corinnel- 
te, Trois-Riviores. 

JEAN DESHAYES, Graphologue 
1873 rue Motre-Dama-Est.HochelBga. 



I<e Tsar est certainement l'homme 
le plus riche du monde. Officielle- 
ment il jouit de cinquante millions 
de revenu annuel. En réalité, il ne 
s'agit que d'une partie de ses res- 
sources. 

Un haut fonctionnaire russe 
avouait qu'en totalisant les ressour- 
ces annuelles de son' maître, on arri- 
vait aisément à une somme de 250,- 
000,000 de francs. 

Si l'on en excepte le shah de Per- 
se, il n'est aucun souverain qui pos- 
sède des pierres précieuses et des bi- 
joux en aussi grand nombre. Le fa- 
meux diamant Orlon n'est que la 
plus grosse étoile d'une constella- 
tion merveilleuse. Lorsque Nicolas 
II fut couronné, deux princes asiati- 
ques, ses vassaux, l'émir de Bucha- 
ror et le Khan de Chiwa, voulu- 
rent chacun lui envoyer le plus beau 
cadeau qui fût. Le khan lui fit par- 
venir, avec des diamants, des énie- 
raudes et des rubis, un collier de 
perles qui n'a pas son égal dans le 
monde. On évalue cet ensemble à 
plus de 12 millions. L'Emir fit un 
cadeau d'égale valeur au moins. Il y 
eut encore l'hetman des Cosaques 
du Don, le prince Swjatopolk Mirs- 
ki II, qui réussit à se distinguer par 
la richesse de ses présents. 

Ajoutons encore qu'il n'est person- 
ne qui reçoive autant de legs que le 
tzar de toutes les Russies. Il lui en 
arrive de tous les côtés de son im- 
mense empire. 

Très simple dans sa mise, le tzar 
porte en temps ordinaire un com- 
plet de 125 francs. Il mange très 
frugalement, et fume des cigares 
d'un prix fort abordable, 
> — _ 

Mille Fleurs, 1554, me Sainte-Ca- 
therine, est l'endroit par excellence 
des chapeaux élégants. Une visite 
vous convaincra plus que les plus 
beaux discours. 



LA GOMME DU Dr ADAM GfJEKITLE MAL 
DE DE5TS. 10c PARTGCT 

Jos. 0. Quenncvilie 

6 PHâJBMACIES 

1406, Ste-Catherine, coin St-Hrabert et Ontario 

397, St-Antoiue, 661, 8te-€Mhenm, Montréal, 

2 succursales & HtLL, Que. 

Accessoires de Luxe en licite. 

Pour chambre de bains. 

Portes Eponge, 
Boum à savon, Por- 
tes serinettes, ea 
■verre et en SEïdbe-t,. 
Douches. Mas=age. 
Appareil pour pa- 
pier k toilette. Siè- 
ges de bain, ete, an 
pins bas prix. 

L. J. A. SURVEYER, 

6 RUE ST-LAURENT 

A deux portes de la rne Craig. wONTR EAL 



Le Spécifique du Dr MACKAY 

CONTRE 

L'ALCOOLISME 




Employé avec as succès înfailJibte par Je gou.- 
versuement île la Province de Québec 
ptrar la réforme des alcooli-ques. 
I-«s autorités uusak-ïpates de Merstréaî vmt. ttsr 
connu les mérites de cette découTerîe merveil- 
leuse. Perniéreïaeat, la Ciuaajiitssïsxi des Finan- 
ces a voté «n crédit de 53<W pour faire faire 
un depAt de la mêttectEe «Ni Pr Maskay (San» 
tous les postes de police, aïira d'empéeter, par 
une prompte applicatio» dans les cas ur- 
gente, les décès qui se produisent si fréquem- 
ment dans les cellules. 

Pas besoin d'internement au Sanalwriuai: te 
traitement peut se donne* à la maison- Pas be- 
soin mm plus de diète spéciale. Tout ïe qu'il 
faut, c'est la volonté du matade de se guérir 
et de s'abstenir de spiritueux- 
Cette œédecijse est maintenant à ta porté* da 
tous, le prix en avant été réduit. Ijes effets 
êtonsiaMts qu'elle a produits sur tes ivm(»s»es tes 
plus invétérés cités en coœr ecvrertioaReSle à 
Québec et à Montréal prouvent qwe rateooHsjswi 
SSt une maladie sssérissabte 

S'APIÎKSSKK A 1,A 

Leeming Miles Co M Ltd. 

288 rue St-Jacques, Monfretî, 

Seuls agents paw la veut» du 

SPECIFIQUE du Dp MACKAY 

jpù^r ta gïB^rî^^îil îlot 

L'ALCOOLISME 






3.^ 



LE JOURNAL DE FRANÇOISE 




DEUXIEME PARTIE 
II 

(Suite) 

— J'ai peur que vous ne fassiez un 
sacrifice, dit-il très bas. 

Suzan leva la tête. L'éclat plus 
vif de ses yeux, la teinte rosée de 
ses joues révélaient seuls la profon- 
de émotion qui agitait son âme. 

— Ami eher, nous sommes brouil- 
les, le sacrifice et moi ; la preuve 
c'est que, si vous ne vous décidez 
pas à venir me tenir compagnie pen- 
dant cette cure d'air et de repos, je 
ne me sens pas le courage de demeu- 
rer seule avec Rosel dans une cam- 
pagne isolée. Ainsi, réfléchissez. 

Cette fois, il eut nn rire joyeux, un 
vrai rire d'enfant : 

— C'est tout réfléchi, dès lors que 
vous vous montrez si raisonnable. 
Je n'osais pas vous l'avouer, Suzie, 
mais je crois que le mal du pays me 
reprend, et que, de plus, je me sur- 
mène un peu trop. Roseob a raison: 
ces vacances nous seront bonnes à 
tous trois : ce ne sera pas, du reste, 
du temps perdu, puisque, tout en re- 
nouvelant ma provision de forces, je 
pourrai travailler. Je vais écrire à 
ma mère pour qu'elle loue le ehâlet 
des Saules : un joli chalet que des 
Parisiens ont fait, bâtir dans un 
jour d'emballement. Deux ans plus 
tard, ils se sont emballés ailleurs, 
et le chalet est devenu la propriété 
d'un riche meunier des environs. 
Vous le meublerez gentiment, et 
nous y serons fort bien. Oh! que ma 
mère va être heureuse! Songez donc 
qu'elle ne connaît ni vous, ni Ro- 
sel. Je vais régler ici toutes mes 
affaires. (Juand pensez-vous que 
nous puissions partir? 

Il parlait vite, d'un ton saccadé, 
une lueur de fièvre dans les yeux, 



grisé de joie par ce départ, impa- 
tient aussi d'en fixer la date. Suzan 
l'écoutait, le cœur serré, compre- 
nant à cette heure, quel immense sa- 
crifice il avait fcait à son amour en 
quittant l'Auvergne pour Paris. 
Pouvait-elle se montrer moins gé- 
néreuse, moins aimante, moins cou- 
rageusc que lui ?... 

Elle réfléchit quelques instants 
puis d'une voix qu'elle s'efforçait de 
raffermir, elle dit : 

— Dans les premiers jours de mai, 
voulez-vous? 

Certes oui, il voulait. Le froid se- 
rait encore très vif à la montagne, 
mais, ainsi qu'à Pennelière, on allu- 
merait de grands feux avec des pom- 
mes de pins qui pétillent, étincel- 
lent comme un feu d'artifice ; chau- 
dement couverts, ils feraient, chaque 
jour, tous les trois, une promenade 
hygiénique : Rose! guetterait l'é- 
closion des premières violettes et 
des premiers boutons d'or, tandis 
qu'ils causeraient le long des sen- 
tiers ou à traversées landes. Suzan 
•s'habituerait vite à cette vie libre, 
saine, au milieu de gens très honnê- 
tes et très simples, dont ils seraient 
les seigneurs honorés, aimés. 

La jeune femme, le front penché 
sur un travail de broderie, approu- 
vait d'un mot, d'un léger signe de 
tête ; mais, au fond de l'âme, son 
angoisse devenait plus grande. Si 
Jacques éprouvait une telle joie de 
quitter Paris, quelle peine serait la 
sienne quand il faudrait y revenir, 
si, toutefois, il voulait y revenir ! 
Et alors? 

"Alors mieux vaut ne pas cher- 
cher à le deviner le "plus tard", 
pensa enfin Suzan qui sentait chan- 
celer son courage. 

Et, chassant les idées sombres, el- 
le dit tout haut, d'un ton gai: 

— Je crois, mon ami, qu'après 
trois ans de mariage, nous allons 
mener une existence d'amoureux. Le 
monde va joliment jaser sur notre 
envolepient vers les sommets soli- 
taires. 

Jacques eut un geste insouciant. 

—Je me moque du monde, pourvu 
que nous puissions faire du bien et 
que nous sovous heureux. 



Il commençait à être heureux,sans 
doute, car, à partir de ce jour, Ros- 
cob ne vit plus le petit flacon qui 
l'avait épouvanté ; et si Jacques 
s'oublia parfois à veiller un peu 
tard, ce fut pour combiner avec Su- 
zan, des plans multiples d'installa- 
tion. Le chalet était loué! 

III 

Droite et raide en ses vêtements de 
deuil, la mère Orvanne regardait 
l'horizon. Non pas l'horizon aux 
lointains indéfinis, merveilleuse- 
ment beaux sous le soleil de prin- 
temps, mais un horizon restreint, 
partant du point où elle se trouvait, 
pour aboutir à la vallée de Royat, 
un horizon qui, pour elle, à cette 
heure, s'appelait "la grand'route." 

Cette grand'route serpente, en 
montant toujours, parmi les prai- 
ries de velours vert, entre les ro- 
chers de granit panachés d'ajonc, 
puis gagjne le plateau et court,à tra- 
vers un mélange de champs et de 
landes, jusqu'au Mont-Dore, avec 
des embranchements pour le Puy-de- 
Dôme et Orcines. 

C'est ce dernier embranchement 
que la mère Orvanne avait choisi 
comme poste d'observation, car les 
voyageurs arrivaient le jour même; 
elle les attendait de minute en minu- 
te, et ses yeux perçants, au regard 
un peu dur, guettait le landau rame- 
nant Jacques, à chaque lacet de la 
route. 

Elle était très changée, très vieil- 
lie ; le départ de son fils, la mort de 
son mari avaient blanchi les che- 
veux qu'emprisonnait sa coiffe de 
paysanne. Le matin, elle cultivait 
son petit jardin qui lui donnait 
quelques légumes, menait paître sa 
vache l'après-midi, et allait de 
temps à autre le soir, tricoter eu 
bavardant chez une voisine. 

C'était une vie invariable ; inva- 
riable aussi était le sujet de ses pen- 
sées et de ses conversations : Jac- 
ques ! 

Certes, elle avait aimé SOU mari, 
"son homme", comme elle l'appe- 
lait, et elle le regrettait sincère- 
ment ; mais elle aimait, elle regret- 



U5 JOURNAL DE FRANÇOISE 239 

tait plus encore celui qui restait ses yeux. Là-bas, loin encore, en parfums d'herbes fraîches, de rner- 

toujours pour elle "le petit." pleine vallée, on voyait un point veilleuses échappées sur la montagne 

Jacques, qu elle talochait souvent noir au milieu d'arbres tout blancs, ou la plaine â chaque tournant dia 

dans son enfance, parce qu'elle ne et le point noir se mouvait, avan- chemin. 

comprenait pas sa nature rêveuse, çait... —Eh bien, Suzan? 

s'était transformé en idole pour la La- mère Orvanne regarda un mo- — Kh bien, Jacques, je ne croyais 

paysanne, dès ses premiers succès au ment le point noir suivre les nom- pas que l'Auvergne fût si belle. 

collège : son fils allait devenir un breux zigzags de la route ; puis, len- Certains endroits sont, je pense, des 

Monsieur! tement, très digne, elle reprit le recoins du ciel. 

Quand Jacques, reçu médecin, fut chemin du village. 11 sourit et, par-dessus la tête 

vraiment .devenu "un Monsieur", C'étaient eux!... blonde de Rosel, alla chercher la pe- 

l'orgueil de la paysanne ne connut . tite main de sa femme. 

plus de bornes ; elle n'eut alors La glace du landau était baissée, — Vous ne pouvez savoir à quel 
qu'un rêve : voir son fils épouser et Suzan, le visage fouetté par l'air point vous me rendez heureux. Ré- 
un riche parti des environs, "une vif qui venait de la/montagne, pous- pétez-moi encore que vous ne regret- 
fille du pays"! et vivre avec le, jeu- sait des exclamations enthousiastes, tez pas Paris. 

ne ménage, au soleil " de sa gloire, auxquelles se joignaient les gazouil- Les grands yeux noirs de Suzan se 

de sa fortune et de son bonheur. lements de Rosel, assise, "pour fixèrent sur le visage déjà transfi- 

Or, le rêve si longtemps caressé mieux voir", sur les genoux de sa guré de Jacques, 

s'était envolé comme une bulle de mère. —Non, mon ami, dit-elle, très 

savon. Jacques, un passionné de — Maman éze ose! Maman gos ce- sincère, je ne regrette pas Paris. 

l'Auvergne, l'avait quittée, peu vaux! Maman zons dans eau! Pa- 

après son retour! Jacques ne venait, pa! Papa! Gos pain suc! Un dernier tournant... Sous un 
plus à Orcines! Jacques s'était ins- Et Jacques expliquait que la "nei- coup de fouet, les chevaux perdent 
tallé à Paris! Jacquer. avait épousé ge rose" étaient les fleurs de l'a- leur allure nonchalante et se met- 
une Parisienne! Ch! cette Parisien- mandier qui s'envolaient à la brise ; tent à trotter. Les prairies velon- 
ue, sans la connaître, la mère Or- les "gros* chevaux", des vaches tra- tées et ombreuses ont disparu pour 
vanne la haïssait de toute son âme, pues qui ruminaient au milieu de faire pJacefaire place aux landes hu- 
car c'était elle, l'ensorceleuse, qui l'herbe nouvelle ; les "pigeons", des tueuses ; l'air est encore vii ; toute 
était cause de tout. Sans elle, .Tac- oies qui s'ébattaient dans la mare la chaîne des "Puys*' se détache net 
ques eût fini par aimer Franchie, d'une ferme ; et le "pain de sucre", tement sur le ciel ; très nettemen 
Dourif ; sans elle, Jacques aurait le Puy-de-Dôme qui se dressait vers aussi la flèche hardie d*un clocher 
maintenant la clientèle de tous les le ciel clans sa parure d'hiver que le s'élance au milieu des arbres. 

villages environnants ; sans elle, la soleil n'avait pas encore fondue. 

mère Orvanne ne vivrait pas seule, A Suzan, il nommait les villages L'Hygiène et la Vaccina de fa Bouche 

"le petit" serait là 1 échelonnés sur la route, montrait les 

Etrange anomalie! Le ressenti- plus beaux points de vue, les costu- G™* qui soufîrent des dents - et 

ment de la vieille paysanne épar- mes pittoresques du pays, les atte- <V»f™ sonftrance* - ■ »irt a plain 

gnait Jacques pour retomber tout lages rustiques, et le changement de dre. Mais prennent-ils les preeauuou. 

entier' sur la femme qu'il s'était végétation à mesure qu'on gagnait paires au bon entretien de la 

.'".._ . ,. , <j_ ,11 L„H„„ r „ bouche? La plupart du temps, ils ne 

choisi. Jamais elle n'avait voulu la les hauteurs. ** r r - 

• 1 ■ -4 r u tmi„ /..^loit souvent aussi la songent au mal que lorsque la dou- 

connaitre ; jamais elle n avait fait Elle écoutait... souvent aussi, m m -* * 

, . ■ .. ,1 t.-, a la ™-,t-ii.w,> »iln Hî- eur es v invite. La bouche et la 

écrire un mot affectueux pour elle, tête penchée a la portieie, elle m » J 

, , . ± .. dentition doivent être soirées avec 

ni même pour l'entant, dans les let- sait : » ....■>...; . 

. , ». ■ x- „, rl „ „i.. c ini^ez-moi ad- une attention de tous les jours. La 

très adressées à son fils ; et, main- —Ne parlez plus, laissez moi as iwwi k?w ï«^ ir 

' . • merveilleuse PATE 1) 1&N1 1 1 Kit h 

tenant qu'ils arrivaient tous les mirer. t- 1 ^-.T^ mT T-, XTV ,- c , • » * - 

. , H , , , ,. '„,„„„ „„ f-ffpt la vallée EGWTILNNE, si renommée, est a 

trois, les battements de son cœur A cette époque, en eliet, la vante 

t. , V ,, , , . . r ,1 i ±j. «j. -4- w n« «entait !» i.rinteiiiDs elle seule une véritable vaccine pour 

étaient mélangés d'une 101e folle a était idéale. On sentait H printemps «XL. 

,,.,., 8 J ,, , i.„.„.,„îc«..inpnt et la florai- 1» bouche. Toute personne soucieuse 

l'idée de retrouver Jacques, et du- dans 1 épanoui ss<- ment et ia uorai *~ 

' ,. , ' , .„«,,„ . !„„ ..je»-,,,» le chan- de la beauté de sa dentition, desnvu- 

ne rancune non moins folle contre son des plantes ; les oistaux te enan > 

,,-.,,. > * . 4»« B U» «Vih« ni milieu se d éviter I odieuse eane et U»tue ul- 

étrangère qui serait entre eux, et... huent u ^ j^^' J m - dation ** ,en,iv,, adopte la Pa- 

1 emmènerait, lui, le plus vUe possi- de tous 1 s b sso dh iu ^ £ ^^ 

ble, loin de son pays, de sa mère.,. breux ruisseaux de l ontanat un 

"Ah! si je pouvais "le" garder!" portaient gaiement, le Ion, des ro- hn ^*V»2ï2« V "' Wt 

dit-elle entre ses dents. clu-rs, sous les saules, à travers es «nt* Itepo tghtal. ^SàwÏ 

Soudain, ses joues ridées s'en prairies, les derniers gl*ea*« d'il- £^™"*^ "H^"** 

pourprèrent, une flamme passa dans ver. Av«C «la, „n grand calme, des S? rue St-t hnstophe, Monmal. 



34« 



US JOURNAL DE FRANÇOISE 



Jacques te désigne à sa femme : 

— Ûreim-s ! 

8a \ t >i x vibre d'émotion, son 
comr hat à grands coups, il se sent 
presqur aussi faible que la tente pe- 
tite qui vient de quitter les genmix 
dk sa mère pour se blottir dans ses 
bras d'un «este caressant. 

"Oreines" ! ... Suzan ne voit plus 
que ce village isolé ; et, soudain, à 
son angoisse secrète de vivre la, du- 
rant de longs mois, se joint la crain- 
te irraisonnée, mais très réelle, de 
connaître la mère de son mari: cet- 
te "mère Orvanne", dont, malgré 
tout ce qu'à pu lui dire Jacques, el- 
le sent la malveillance profonde. 

— Qu'avez- vous, Suzan ? 11 n'y a 
plus de flamme dans vos yeux... 

— Je pense à votre mère, mon 
ami ; nous allons nous voir pour la 
première fois. 

Il se met à rire, bien qu'une légè- 

Assurance de la Femme 



rc inquiétude agite aussi son âme. 

— Ma mère va être sans doute as- 
Sec intimidée de se trouver en pré- 
sence d'une belle dame comme vous; 
mais vous serez très bonne, comme 
toujours, ma Siuan, et la glace fon- 
dra vite. Ne faites pas attention, je 



vous le répète, aux dehors brusques: 
cette rude, écorce cache un cœur 
d'or. Ma mère a bien aimé mon pau- 
vre père, et elle m'aime follement, 
dirai-jc. Votre amour pour moi, er. 
plus de votre grâce, la prendra tou- 
te. ( à suivre ) 



Jtnu* ne cessons tte rffifter <3»e "m femme 
râeiji s "assurer plus emewre ea Amérique que 
jatrlaut aiUesm*. 

Ni™ Domine* fier» de constate r que dans nuire 
IwJ'R, la. feuuue ne reste j«a» ujaetive. et prend sa. 
large part du Mttn d'entretenir la famille , Sus 
jeune* filles f «■'■■■"* vivre de leur travail, de 
.1» façon Sa pîus façmorable. Fiturs|uç.ii ne pat 
»t*M{£er un |*eu plus â la terrsfcile. mass. hélas, 
tiàan réelle pomipKUtlNn de la mort? Pourquoi 
tue fat.» chercher à attCmucr états la uiesure du 
(MiiMIiliHlri le» coiss6cioeiB3e« d'aite dïsparitioB 
I*«»t-eitr« prodh&tne? Vous toutes (|"Ji Usez ces 
lligsess. MewJlaaies, B'mA&muSet pas à demain pour 
mettre a eaéeu liait toi projet asunî sage, raao- 
noHvoitc de «a (te, venei toaiiuiter a-ujoard'hvi 
MsJsme la Sauvegarde, «mi i&crivcis-Iui pour avtrir 
$e« re;Et»>eMfîseisÈeiït*. 

Kou.» avons pSu»kesirB e-ojuMna taons avantageu- 
se* A vota ofârir, et toujours proport ionji&eij à 
votre fKMùtîoa et â vos bacoiae 

Kw» *i*itu£te* a votre tfftvfkOSiltâQII, ? Pïa^e 
«TA rate*, m. Mail» 4033. 



Tonique Souverain 

Le Vîn Phosphate au Quinquina 

(Des RR. PP. Trappistes d'Oka. ) 
Le Seul et unique Vin renfermant des Phosphates 

Tonique merveilleux et qui guérit 
•5 radicalement l'Anémie, les Pâles 

Couleurs, la Débilité Générale, le 
• Manque d'Appétit, la Digestion len- 

1 te, les Douleurs dans l'Estomao 

après le repas, la Migraine, la Fai- 
blesse nerveuse et musculaire, la 
Bronchite, la Pneumonie, la Consti- 
pation et toutes les Convalescences. 
| SOUVERAIN POUR LES 
f PERSONNES AGEES 

| Le Vin Phosphaté au Ouiquina est 

| en vente dans toutes les bonnes 
pharmacies et épiceries, où on doit 
le réclamer avec insistance, en refu- 
| sant toutes préparations similaires. 

| Vente de Gros 

1 MOTARD, FILS & SENECAL, 

Seuls Dépositaires 

5 PLACE ROYALE 

Tél. Bell Main 4495. 

Tél. Marchands 962. MONTREAL. 

♦ ♦♦•»♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦»♦< »*♦♦+»«.+ 




♦ 



Ne vous privez pas 



d une bonne tasse de "Café de Madame Huot" sons prétexte que votre fournisseur ne le tient 
en stock. S'il préfère vous vendre une autre qualité de café, c'est qu'il y a plus de profit pour 
à vendre — au même prix — un café qui lui coûte moins cher. Je vous ferai livrer — sans frai 
à domicile, 2 ibs de "Calé de Madame Huot" sur réception de 75c, si vous habitez la ville ; 
par quantité de 6 boîtes de 2 Ibs, sur réception fie $4,50, dans les provinces de Québec et d'Oui'; 
et 
E, D. M*n*a<i, 2S1-2&5 rue Hl-Pau!, Mgntroal. 



Je paierai le fret 




mi6ph«M B»t 3894. Agence de btuuuterie, 

LIBRAIRIE 

DEOM, SAVARIN & Cie 

GROS ET DETAIL 

• Dépôt général de toutes publications. 
Envoi sur Ordre de tous Journaux, Revues et 
Publications Périodiques Françaises 

au Canada et à l'étranger. 

Correspondants de Journaux Français. 

Conditions Spéciales pour Librairies de Détail. 

Grand Choix de Littérature en tous genres 
LIVRES DE MEDECINE, CIGARES, TA- 
BACS, PIPES, Arti des de Fumeurs 
Livraison à domicile. Chocolats et Bonbons. 

1738, Rue Ste-Catiierine. Montréal 



Chroniques du lundi 

PAR 

FRANÇOISE 

Un fort volume de 325 pages. Prix, 35 cents. 
A vendre chez MM. DEOM & FRERES, 1877 
rue Ste-Catherine, et DEOM, SAVARIN & Cie, 
1738 rue Ste-Catherine, Montréal. 



'MAISON DE CONFIANCE" 
UN SEUL PRIX 




Règlement» concernant les HomeskaA* 
du fiord-Onest Canadien 



Nous invitons len (Utnes à ySsiusr notre Exposition 
de l'Vmrrurya, Manteaux, Collerettes, k(«. Ncman'iv- 
voneti'iin aonl prix numpié eu chiffres «oruprls rte 
tous, Toute* no» uiirchiindist'H sunt do lu («brii'atimi 
de notre maison ot eo que nous gnmutiBsoim verba- 
lement «SU GARANTI par écrit, 

T8t,BPHOM3 MAIN 81»» 

O. NORMANDIE 

274 ST-L.AURBNT ÏSO ST JACQUES 



AH OU TE section paire des terre» fédérale» 
-** dans les province» du Manitoba oa du 
>Jord-Oue»t, sauf 8 et 26, «on téservée, peut 
être inscrite par toute personne qui ewt l'u- 
ttique chef d'une famille, ou totu batwxHs 
âgé de plus de 18 ans, pour 1 étendue don 
quart de section de 160 acre», plus ou moins. 

L'inscription peut être faite en personne 
a.u bureau local des ' terres pour le district 
dams lequel la terre est située, ou, si le j 
homesteader le- désire, il peut, sur demande 
au ministre de l'Intérieur, Ottawa, au 
Commissaire d'imuiigration, Wirmipeg, ou à 
l'agent local être autorisé à l'aire faire 
l'inscription par quelqu'un pour lui. 

Le homesteader est obligé de remplir les 
conditions requises d'après l'un des systè- 
mes ci-dessous ; 

( I ) Une résidence de six mois au moins 
et la culture de la terre chaque année, pen- 
dant trois ans. 

( 2 ) Si le père ( on la mère, si le père 
est décédé 1 du homesteader réside sar une 
ferme dans le voisinage de la terre inscrite, 
la condition de résidence sera remplie si la 
personne demeure avec le père ou la mère. 

(3) Si le colon tient feu et lieu sur la 
terre possédée par lui dans le voisinage de 
son homestead, la condition de résidence se- 
ra remplie par le fait de sa résidence sur 
la dite terre. 

Un avis de six mens par écrit devra être 
donné au Commissaire des terres fédérales 
à Ottawa, de l'intention de demander une 
patente. 




&5aéâoi/kijr ifes ors 
Bmèssme efjtârsafM 

bii'Ztm pafiTEiiT frssmfSisttâpe$Jii$w 

réception doprnr 2. 5> . 

AJ. LAURENCE IMtjj ^ÉÉMÉÉÉfc*^ 



Votre Buste 

développé de 2 pouces 
dans nn mois arec le 



BDSTINOL 



da Dt Simon de 
France. 



Paris 




N.. B. 
cette annonce 




W. W. CORY, 

Sons-ministre de l'Intérieur 
La publication non autorisée de ; 
- sera pas payée. 



$60 de récompensa ei voua ne réussissez pas. 
Pris fl. 00 le flacon qui peut dorer deux mol*. 
Pampnlet illustré, enseignant Part du massage 
avec un généreux échantillon de Bustiaol expé- 
dié gratis but réception d» 10 cte pour frais de 
poste. Correspondance strictwaaent ecmSàeaMst* 
le. Adressez Oie Méd. Dr. Simon. Bépil9, B.F. 
713. Montréal. 



Epiiepcore 

CB EEMJEBE 

VERITABLE SPECIFIQUE 

Après quelanes asiates 
d'expérieBce est mis dans 
le commerce à la soJJiei- 
tation de nûnibrvttses t&- 
miîîts qui en ont expéri- 
menté les 

MERVEILLEUX EFFETS 

Marqui. du cummeree 

On sait que la terrible maladie i}uc l'SPlLEPCURE es» 
appelé à guérir, n'a jamais cédé aux remèdes les plus 
puissants. 

Nous pouvons ailirnu-r que l'EPILEPCUitE donnera un 
prompt résultat, si on le prend selon les directions. 
PRIX: fi.oo LA BOUTEILLE OU S5.00 POUR SIX 
DEPOT GENERAL 

H. PAQUIN 

301, avenue Mont- Royal 
rsSk rue Saint-André 

Phone Est 1129 MONTREAL 



J. 



Poils follets, Cfceteux et 
Barbes «aperfisa 

■-■■ -.j'.ufae quelle «ait. 

k'.r, l c '■■'"■ i - -j;ai;.iaiiément s&ss 
daauoÊga hb atoeaae iaçsa 
1% jkïïu sa pias d-éUeste. fâO 
de récoHJt|i*Bses â cpsccnuÉ 
Be'îvaseiî pas. C'est par ae> 

ddfcir. q:>. id lîl SJtHOtt (fe 

Paris a découvert ce mir*Êuieaï Produit aisqael 
il a donné le nom de KAZOHLNJS parce sjrfU 
est appelé a faire disparaître rasage du raseur et 
et nous ne craignons pas de 1e «iré essayer, Ea- 
vovez 10v pour Irais «te poste et notas, vous en ex- 

^ nis osa- 
de la 




uaeoig, 

et est" expeVTw "franco dans tantes les partie* da 
monde, Si votre pharmacien ae Papas enseiftea 
stock, insistes mai qu'il roasie proeare, aares- 
sea Cooper et Go, dépt &• *&> rue st-Paol, Mon- 
tréal, agents spéciaux ptfW *» Canada. 



...L'ELEGANCE... 

Se trouve toujours dans 

une toiletté- finie 

avec nos 

Plissés Français 
Accordéon 
et Couteau 

Création I 
du Printemps 

Plissé-Soleil 

pour 
JtM'E rtiOMKKAUR I 

l'n. spécialité S 

Ouvrage KMMrtieS 

proiupteuu*ut osft>ow H 
Pour iKtiiii m prix, n. v p. ^ 
vmis adressât à 

Featherbone Novelry Mf'O Co aimitedi 

Châiiib**s li I», 18, KillHee Blrks, Cam Philippe 












Avez-vona un hébé ? 

Sirop da Dr Coderre 

POUR LES ENFANTS 

Le plus fur «si 1* tneiUenr Sirop Calmant 

www tfp» divers mAui Ae 3 'Enfance, pour adoucir 
fw gemcrt-s» et aider s» ttwatîtio-n. pour !» Piar- 
rM# M ta Irvweausrie provenant de la même 
6»'j.m jwmr «omiegw le» Coliques et réRlar las 

mt»mt.» r.'ii- cjiltuar 1*3 ssufrranoes et «mener 
s-5'iSe «u petit soutirant, il est 
•arc» Ajra3 . 

tk ADOWIT UK »rïTB.A.KCKS DB 1* KVFASCE; 

Il m li rares s>» Kbk ganarÊss. 

Il WXU&XS S* WUBCIErSIS KOSTEXCES 



Me 25c«Eitt. 



A vendre partout 



STANTON ' S PAIN RELIEF 

Pour osase interne et externe 
VN" REMEDE DE FAMILLK PROMPT ètSUB 

STANTOÎTS l'Aï S RELIEF est saiis contre- 
dit lo rasaedo du JoW. 11 devrait avoir s» 
dans toute* Isa maisons. Les individus ot les 
familles sis voyage devraient toujours en avoir. 

STANTON 'S PAIN RELIEF comme remède in- 
terne pour les Coliques,!*, Diarrhée, les Crampes 
!nmc. la Flatuosite et l'Indigestion, agit 
prompteu^ant , en soulageant immédiatement lo 
patient. 

«MUE QAXÏOAÏUSME- pour le Mal de Gor- 
ge îl n"a pas d 'ferai. 

STANTON'S PAIN RELIEF comme remède 
e.jcierno pour les Entorses, les Crampes dans les 
TneTiibr*s. le 3 .nrabatro, îe mal de TV>*. les linu- 
leura de Poitrine et des Côtés, le Mal de Dents, 
geur, aucun Touriste dans le* campagnes ne de- 
vraient se trouver «ans une bouteille de ce raœe- 
Son action est prompte et agréable.. donnant de 
l'aise et du bien-être, sans causer aucune irrita- 
tion. 

n.ANTON'S PAIN RELIEF— Aucun Voya- 
nte sous la main en cas de besoin 

A VENDRE PARTOUT. PRIX 25c 



. . LES VERS . . 



Les Pastilles 

du 

Dr Coderre 

peur 

Les Vers 
CHOCOLAT, 



sont, le remède en usage la plu» 
cpi-oak'a Bt le Plus logique pour 
les vers. Ocs TastUles chassent 
ritdrotOeroent les Vers sans cau- 
ser aucun préjudice ni pendant ni 
après. 

Ce remède ft la forme d'une 
TRES PETITE PASTILLE DE 
étant considérée comme la forme 
la meilleure et la plus simple pour l'usage des 
enfanta : étant petite on l'administre facile- 
ment, agréable 6, l'œil ot bonne au goût. Au 
cas où ies enfants refuseraient d'avaler les pas- 
tilloB, ecraser.-les et faites-les prendre en pou- 
dre. Les instructions complètes pour enfante et 
adultes sont contenues avec chaque paquet. 

DEMANDEZ LES PASTILLES DU DR. CO- 
DERRE POUR LES VERS 

Assurez-vous que ce sont les véritables, chaque 
paquet porte sa signature et son portrait. 

Prix. 25c. la boîte, ou par la malle sur ré- 
ception du montant. 

THE WINGATE CHEMICAL C0 V LTD, Montréal, Caa 




Le Temps est arrivé 

de penser à vos achats de 

MEUBLES, etc. 

Une visite à nos grands magasins vous convaincra cer- 
tainement que nous avons le plus beau choix de 

Meubles. Lits en Fer et en Cuivre, Literie, 
Tapis Turcs, Rideaux, etc., 

et qae u»ut en vous offrant les dernières nouveautés, nous maintenons les prix au~plus bas. 

Renaud, Ring ®* Patterson 

COIN STE-CATHERINE ET GUY 



Les Cigarettes égyptiennes 

DIVA 




MONUMENT NATIONAL 

Dimanche soir, le 12 novembre 1905 



A S.1S HEURES 



En vente partout 



Premier oratorio canadien-français 

"Cain" 

par le professeur Alexis Contant 
SOUS LE HAUT PATRONAGE DE 

Sir Wilfrid et Lady Laurier 

Prix des places : $1.50, $1.00, 75c, 50e. 

Billets m vente chez Ed. Archambault, HWAM Ste- Catherine.